Boomerang

Anouk Grinberg à la folie

par Augustin Trapenard| publié le

Elle est comédienne et vient de faire paraître "Et pourquoi moi je dois parler comme toi", une constellation de textes écrits par des hommes et des femmes relégués dans les marges des institutions psychiatriques. Anouk Grinberg est l'invitée d'Augustin Trapenard.

À écouter :

Au cinéma, elle a joué chez Bertrand Blier ou encore Jacques Audiard ; au théâtre, elle a brillé chez Alain Françon et Patrice Chéreau notamment. Suite à la création, il y a deux ans, d’un premier spectacle à Avignon, elle vient de faire paraître, Et pourquoi moi je dois parler comme toi, une constellation de textes écrits par des hommes et des femmes relégués dans les marges des institutions psychiatriques. 

Anouk Grinberg est l’invitée de Boomerang. 

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Anouk Grinberg a écrit un texte en lien avec la loi de sécurité globale :

Mais quelle merde, le pouvoir, quel gâchis. Ça pourrait être si beau de faire un monde. Moi, je n’aurai jamais le désir du pouvoir. La politique me dégoûte tant qu’elle ne remercie pas les hommes d’être des hommes.

Extraits de l'entretien

"La vie fait de l’effet. Il faut l’encaisser, et parfois, on n’y arrive pas. Elle déglingue les gens. Il y a un droit très restreint à la singularité, et on finit par dire des gens différents qu’ils sont fous." 

"Je suis née d’une femme qui avait un rapport difficile à la vie. On l’a mise dans des endroits pour fous. Je ne l’ai pas aimée, je n’ai pas réussi. Maintenant qu’elle est morte, j’ai fini par arrêter d’avoir honte d’elle, et de moi venant d’elle."

"C’est comme s’il y avait constamment en moi une bagarre, qui peut parfois être une danse, entre les forces qui veulent se replier et celles qui veulent se déployer."

"Tous les textes que je réunis sont de l’art brut. Ce sont des gens qui ont été décrétés fous. Mais certains, au lieu d’être abattus, ont fait de leur esprit une fête, se sont libérés par un langage qui est poésie à l’état pur."

"Moi, comme pour les gens dont je parle, personne n’a le droit de dire qu’on me connaît. En moi, oh la vache, c’est un bordel ! Mais laissez-moi être un oiseau, sinon je meurs. Il me faut de l’art sur la terre !"

"C’est comme si tous les humains se disaient : pour survivre dans ce monde, il faut que je sois masqué. Parce que si on voit mon vrai visage, on risque de me juger, de m’abîmer..."

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