L'été archi

Dans le Finistère, un ancien supermarché transformé en salle des fêtes

par David Abittan| publié le

Tout l'été dans Les choses de la ville, on décortique les objets de nos villes avec ceux qui les conçoivent ou les habitent. Aujourd’hui, on s’intéresse à la salle polyvalente à travers l’Espace Coatigrac’h de Châteaulin, en compagnie de la maire de cette commune bretonne, Gaëlle Nicolas.

À écouter :

Pour évoquer la salle des fêtes, rendez-vous ce matin à Châteaulin, en Bretagne. La sous-préfecture du Finistère, compte deux salles municipales, que nous présente la maire Gaëlle Nicolas :  

« Nous avons la salle des fêtes qui est en centre-ville, à côté de la mairie, et également cet espace Coatigrac’h, qui est dans un quartier plus résidentiel de la ville. [Le bâtiment] a été acquis à la fin des années 1980, il s’agissait d’un ancien supermarché, et rapidement la décision a été de l’occuper immédiatement. (...) Avant que nous engagions nous-même cette rénovation, le bâtiment était encore dans l’état initial des années 1980, avec son extérieur qui n’avait pas changé, un auvent tel qu’on l’imagine dans ces constructions de supermarché des années 1980… Un coup de peinture avait permis d’effacer l’enseigne ! »  

L’espace Coatigrac’h, c’est donc un ancien supermarché, utilisé comme salle des fêtes depuis une trentaine d’années. Mais ce n’est qu’en 2019 que les habitants de Châteaulin le découvrent sous sa nouvelle forme.  Le revêtement en tôle, habituel pour ce type d’architecture de boîte, est remplacé désormais par un bardage métallique réfléchissant, beaucoup plus élégant, et donc mieux adapté à un espace festif et événementiel. 

Quant à l’intérieur du bâtiment, bien qu’entièrement remis à neuf, il garde quelques traces du supermarché d’origine :  

« [Au sol] il y a ce revêtement blanc, qui nous fait penser un petit peu parfois à une patinoire, quand tout est vide.L’architecte a aussi souhaité garder la charpente, typique de ces bâtiments de cette époque là, donc les poutres en bois. [Elles] rappellent aussi cette ambiance supermarché. »  

C’est l’architecte Paul Vincent, qui est à l’origine de cette réhabilitation. Il s’agissait pour lui, bien sûr de nettoyer ce bâtiment vieillissant, de repenser son isolation thermique, mais aussi son isolation phonique, car nous dans un quartier résidentiel de la ville.  Et on aurait presque pu se contenter d’en rester là ! 

Après tout, voilà plus de trente ans que les associations locales faisaient très bon usage du lieu, pour des dîners, des forums, des spectacles, etc. En ce moment bien sûr pour un centre de vaccination.  

Ce grand pavé, de plain pied, entièrement vide, il est effectivement très facile à adapter à des animations multiples. La transformation des espaces s’est donc faite à la marge, avec des dispositifs assez légers, pour simplement améliorer un bâtiment qui fonctionnait déjà très bien comme cela :  

« Comme on a gardé cette simplicité, ça nous permet justement d’accueillir toutes sortes d’activités. On peut moduler [la salle, grâce à] l’installation de rideaux, on a aussi quelques gradins, qui sont rétractables… Il peut y avoir des pièces de théâtre, ou des spectacles, donc ça permet au public, au fond de la salle, d’être surélevés et d’avoir une meilleure visibilité. »

Outre les gradins rétractables, et les rideaux pour diviser l’espace, de vrais vestiaires ont été ajoutés, ainsi que des lieux de stockages, et quelques fenêtres vers l’extérieur.  L’entrée, aussi, a été retravaillée, et augmentée par une espèce de grand mobilier, utilisable en guichet d’accueil autant qu’en buvette, fait d’un simple grillage et de quelques parpaing. Il participe à l’esthétique assez minimaliste du lieu, très soigné, bien que rudimentaire, en cohérence donc avec l’économie globale du projet.  

Car réutiliser un supermarché pour en faire une salle de spectacle, c’est intéressant en matière d’écologie, évidemment, mais ici en l’occurence, ça a aussi été une source d’économie :  

« Parfois des rénovations coûtent aussi cher que le neuf. Parfois elles coûtent légèrement moins, mais ce n’est pas le critère économique qui est le plus marquant. Et là, sur cette opération, nous avons eu des coûts de réalisation tout à fait intéressants. La construction d’un bâtiment neuf avec cette capacité de 1000-1200 personnes, il fallait imaginer au minimum un budget de trois millions d’euros. Même en restant sur un équipement relativement sommaire, c’est-à-dire sans aller sur des prestations type "salle de spectacle". Là on est sur un budget divisé par deux par rapport à ça. »  

Et ça pourrait peut-être donner des idées à d’autres maires, car ici nous sommes dans un ancien supermarché, mais ce que nécessite une salle des fêtes, on le retrouverait dans n’importe quel autre bâtiment du même format.  Or, des grands plateaux vides, de plein-pied, il y en a partout, et notamment parmi l’architecture de boîtes que l’on retrouve souvent dans les zones commerciales et industrielles d'entrée de ville.

Les choses de la ville, en partenariat avec l'Ordre des architectes

Les invités
L'équipe
Thèmes associés
Contact