Vous les connaissez dans "Par Jupiter !", les voici qui tombent le masque et prennent la cravate : Charline Vanhoenacker, Alex Vizorek et Guillaume Meurice ont décidé de se lancer dans la course pour la présidence de Radio France, suite au départ de Mathieu Gallet. Retrouvez ici leur aventure…

Charline Vanhoenacker, Alex Vizorek et Guillaume Meurice candidats à la présidence de Radio France. « Pour un démantèlement de qualité du service public » © Radio France / Charline Vanhoenacker

Le 31 janvier, à la suite de sa condamnation pour favoritisme quand il dirigeait l'INA entre 2010 et 2014, Mathieu Gallet était révoqué de la direction de Radio France par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. 

La décision du CSA est effective depuis le 1er mars... Qui le remplacera demain à la présidence de Radio France ? Les Belges de Par Jupiter ! ont proposé de le faire eux-mêmes et ont présenté leur candidature au CSA. 

Le dossier qui défend leur projet compte huit pages ("un esprit synthétique prouve qu'on sait où on veut aller") et expose clairement leur objectif : 

Pour une honte de la République de qualité.

Ils l'avaient présenté à l'ancien PDG de Radio France dès l'annonce de son départ, pour avoir ses conseils. Regardez-les :

Le dossier le plus crédible

Charline Vanhoenacker, Alex Vizorek et Guillaume Meurice ont très officiellement déposé ce projet au Conseil National de l'Audiovisuel - les équipes de Quotidien avaient d'ailleurs suivi l’événement. Un CSA dont le rôle est essentiel : "S'il n'y avait pas le CSA, à la télévision, il y aurait n'importe quoi !" rappelle Guillaume Meurice, "il y aurait des mecs qui mettraient des nouilles dans le slip des autres, ce serait n'importe quoi. Grâce au CSA, on a une télévision de qualité !"

Leur dossier est peut-être un peu court, mais il est efficace - et surtout, il répond aux demandes des actionnaires, comme l'explique Charline Vanhoenacker au micro de Yann Barthès : 

On sait quelle est la volonté de l'actionnariat principal : démanteler le Service Public… Autant le faire d'une manière qualitative !

Et sur leur "chaîne mère", France Inter, le triumvirat a présenté son projet aux auditeurs dans la matinale du 13 mars : "L'actionnaire principal (l'Etat) a fait un constat qui est sobre, juste, pondéré : vous êtes la honte de la République" expliquaient-ils, "l'idée est donc d'abonder dans ce sens : aider l'exécutif à exécuter le Service Public Audiovisuel". 

Ils l'exposent ici :

Les "Pierre Rabhi" de la décroissance audiovisuelle

Leur projet est axé sur trois axes principaux :

  • l'enjeu économique : la réduction des dépenses. Pour cela, par exemple, fusionner les chaînes de Radio France les moins écoutées : France Musique, Mouv, Fip pour un "France Mouv'Fip" bien plus efficace et cohérent éditorialement.
  • l'enjeu humain. Que serait une entreprise sans ses employés (en CDD de préférence, en stage idéalement) ? Ils se proposent donc de numériser la workforce en numérisant un maximum de jobs.
  • l'enjeu architectural. Les employés de Radio France n'étant dans leurs bureaux qu'une (petite) partie du temps, ils proposent de les mettre sur AirBnB le reste du temps.
Le "triumvirat" (comme ils s'appellent) face à Yann Barthès sur le plateau de "Quotidien", le 12 mars 2018 © Radio France / Marion Glémet

Quelques applications concrètes envisagées par le triumvirat pour Radio France :

  • Mise en place d'un système de notation à cinq étoiles pour les animateurs, chroniqueurs et invités sur le modèle des chauffeurs Uber
  • Renommer les émissions, même les anthologiques  ("Le Téléphone sonne" > "l'iPhone sonne", "La Tête au carré" > "La Tête au carré Hermès", "franceinfo" > "Air franceinfo", etc.)
  • Multiplier les produits dérivés : les chaussettes Bernard Guetta, portefeuille Dominique Seux, le chèche Thomas Legrand... "L'État donne 589 millions chaque année... Si on faisait des petits sponsorings, c'est le privé qui donnerait et ça tomberait tout aussi bien..." rappelle Alex Vizorek (Serait-ce encore le Service Public ? C'est une autre question. "Il faut prendre le train du changement !")
  • Euthanasie de la chaîne de télévision franceinfo, dans le respect de sa dignité. 
  • Transformation deFrance CultureenFrance Cultura, station plus populaire avec des programmes qui font moins mal à la tête... "On creuse la dette et on creuse le trou de la Sécu !" regrette Charline Vanhoenacker
  • Fusion des orchestres national et philharmonique, avec André Rieu à sa tête.
  • Leur organigramme verrait Lorànt Deutsch prendre la direction de France Cultura, Cyril Hanouna à la tête de France Inter Marché…

Un canular ? Certainement pas !… Et ils le déplorent d'ailleurs sur les réseaux sociaux : 

Et finalement...

Le CSA a annoncé mercredi 21 mars qu'il rejetait la candidature de Charline Vanhœnacker, Guillaume Meurice et Alex Vizorek...

► Plus d'infos sur les candidatures pour la présidence de Radio France

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