La Catalogne a revendiqué dimanche soir le "oui" et doit décider de la stratégie à adopter face à un gouvernement espagnol fragilisé mais qui réfute la validité du scrutin.

Selon le gouvernement séparatiste de Catalogne, le "oui" pour l'indépendance l'a emporté avec 90% des voix. Il a assuré que 2,26 millions de personnes avaient voté. © AFP / BURAK AKBULUT / ANADOLU AGENCY

Mariano Rajoy a beau dire que ce référendum n'a pas eu lieu, son message est peu crédible face aux images de foules qui se sont bousculées hier pour voter. Dimanche 1er octobre et malgré les interruptions de vote opérées par les forces de l'ordre espagnoles, 2,26 millions d'électeurs se sont prononcés en large majorité (90 %) en faveur de l'indépendance de la Catalogne, soit 42,3 % des 5,3 millions de votants inscrits sur les listes de la région.

Le gouvernement central espagnol s'était avancé imprudemment ces derniers jours en promettant de boucler tous les bureaux de vote de la communauté autonome pour interdire le scrutin, sans succès. Non seulement il n'y est pas parvenu, mais les débordements de la police espagnole ont choqué l'opinion et soudé les rangs des indépendantistes.

Mariano Rajoy fragilisé

Désormais, les partisans de l'indépendance pavoisent. Forts de la quasi unanimité des voix, et malgré un scrutin biaisé au résultat sans surprise, les militants de la sortie de l'Espagne se sentent pousser des ailes. Ils savent que cette crise mal gérée a durablement fragilisé Rajoy.

Si le principe du référendum les a rassemblé dimanche soir, les partisans de l'indépendance divergent sur la stratégie à adopter pour l'obtenir. En théorie, la loi votée le 6 septembre dernier par la majorité séparatiste au parlement catalan prévoit une proclamation de l'indépendance dans les 48 heures après une victoire du "oui".

Parmi les indépendantistes, les plus jeunes considèrent que le dialogue avec Madrid est désormais exclu. "Comment peut-on parler avec ce gouvernement ? interpelle un militant, ils nous ont envoyé 10 000 policiers !"

L'appui de l'Union européenne attendu

D'autres pensent qu'il faudra attendre plusieurs années, à l'instar d'un ingénieur, accesseur du scrutin. Au micro de Bertrand Gallicher, il estime qu'il faudra "entre deux et cinq ans" pour aboutir à une Catalogne indépendante : "Je ne crois pas que l'on va faire une déclaration unilatérale d'indépendance. Le gouvernement central n'a qu'une seule possibilité, c'est de s'asseoir et d'essayer de discuter."

Lui vise l'Union européenne, prochaine étape dans la validation du scrutin. Jusqu'à présent, l'Europe s'est contentée d'arguments juridiques pour s'opposer au vote. Un nouveau référendum qui aurait lieu cette fois sous les hospices de l'UE entérinerait la volonté des Catalans.

Madrid tente d'empêcher une déclaration d'indépendance

Le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, a assuré lundi que l'État ferait "tout ce que permet la loi" si les séparatistes catalans déclaraient unilatéralement l'indépendance après le référendum d'autodétermination interdit de dimanche.

"Si quelqu'un prétend déclarer l'indépendance d'une partie du territoire par rapport à l'Espagne [...], il faudra faire tout ce que permet la loi pour que ce ne soit pas ainsi", a-t-il déclaré à la télévision publique espagnole, en réponse au président Carles Puigdemont qui a ouvert la voie dimanche soir à une déclaration d'indépendance.

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