Alors que Marine Le Pen fait sa rentrée politique sur le terrain, celle de son parti, le Rassemblement National, est compliquée : les 2 millions d’euros saisis par la justice avant l’été rendent la vie du parti quasi-impossible et un tiers des fédérations du territoire ont baissé le rideau.

Après les deux millions saisis par la justice dans les caisses du Rassemblement National, un tiers des fédérations départementales du parti ont dû fermer © AFP / Bertrand GUAY / AFP

Marine Le Pen fait sa rentrée politique ce vendredi à la foire agricole de Chalons-en-Champagne. La présidente du Rassemblement national est restée en retrait depuis l’affaire Benalla, fin juillet, de longues vacances avant une reprise difficile. 

Alors que la justice a saisi, avant l'été, 2 millions d’euros dans les caisses du Parti, sa présidente a dû annuler l’université d’été qu’elle envisageait à Fréjus : elle n’y fera qu’un simple meeting le dimanche 16 septembre. Mais ce n’est que la partie émergé de l’iceberg : en réalité, sans argent, le RN vivote et perd du terrain. 

Les fédérations ont perdu la moitié de leurs adhérents

Dans cette France des oubliés, qu’elle aimerait incarner, Marine Le Pen est en train de perdre tous ses relais : un tiers des permanences départementales a fermé. Le RN n'a donc plus aucune vitrine dans la Manche, les Vosges, en Corse, ou dans le Morbihan. Les fédérations ont, en moyenne, perdu la moitié de leurs adhérents en un an et depuis cette saisie judiciaire, cet été, le siège ne leur reverse plus un centime. Impossible donc de payer les loyers. Un cadre confie : 

Le parti est à l’arrêt. Plus aucune affiche, pas le moindre tract, rien . On arrive à peine à payer les salaires. 

Des salaires qui représentent en tout près de 250.000 € par mois, beaucoup trop, aux yeux de la direction. Mais "on n’a même pas d’argent pour payer les licenciements" se désole un élu : "Alors, les goodies, les drapeaux, les porte-clés, on oublie...". Et ça n’a rien d’anodin dans un parti qui vient de changer de nom et qui aurait besoin d’afficher partout sa nouvelle marque. 

Sur l'état des finances, un autre signe ne trompe pas : certains des fidèles de Marine Le Pen, comme Jordan Bardella ou Kevin Pfeffer, commencent à payer eux-même leurs tracts et leurs allers-retours en train. 

Le casse-tête de Fréjus

Marine Le Pen tenait à organiser une grande université d’été à Fréjus pour la rentrée. Elle a dû renoncer à cet évènement mais souhaitait tout de même rassembler les cadres de son parti. Elle a visiblement trouvé une astuce, en organisant une session de formation des élus samedi et dimanche matin (15-16 sept). Celle-ci sera animée comme toujours par l’Iforel, mais à Fréjus. Cela permet aux conseillers régionaux, par exemple, de voir leurs aller-retours intégralement remboursés par les collectivités, au titre de la formation. Le parti ne paiera, ainsi, presque aucun frais pour ce week-end sur la Côte d’Azur.

Le RN de la rentrée 2018 en chiffres

Le nombre d’adhérents : il est question d’un peu plus de 30.000 personnes à jour de cotisation.

Les salariés : il y a une quarantaine de salariés au siège du RN à Nanterre, cela représente donc 250.000€ par mois, 3 millions d’euros par an. Hors, le parti ne reçoit de la part de l’État qu’environ 4 millions et demi d'euros. Une fois les salaires payés, il ne reste donc que très peu d’argent pour rembourser la dette et organiser des événements. 

Loyer : Le parti s’était engagé à reverser aux fédérations, en moyenne, 50% du montant du loyer de la permanence. Depuis cet été, il ne verse plus un centime. Les fédérations, seules, n’ont pas toujours les moyens de prendre en charge l’intégralité des loyers.

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