L'association La Quadrature du Net lance la première action de groupe européenne, et appelle tous ceux qui estiment que les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) pillent leurs données personnelles à rejoindre le mouvement.

Les Gafa dans le viseur de la Quadrature du Net © AFP / Damien Meyer

Les géants américains de l'Internet ont déjà jusqu'au 25 mai pour se mettre en conformité avec le nouveau règlement européen de protection des données. Ils ont déjà envoyé à leurs abonnés des mises à jour pour qu'ils puissent consulter leurs données... Facebook songe aussi à proposer l'effacement de l'historique de son compte, mais ça n'est pas pour tout de suite.

Un cache-misère pour "la Quadrature du Net", association de défense des droits de citoyens sur Internet, alors que les données Facebook ont permis à Cambridge Analytica de créer un logiciel influençant le vote des Américains. L'association se lance donc dans une première action de groupe européenne, avec des peines encourues très lourdes, via la réglementation européenne. Elle propose aux internautes de s'y inscrire jusqu'au 25 mai.

Le tout avec des slogans façon "1984" : "Apple sait où est ta mère", "Google filtre ta pensée"... Arthur Messaud, juriste de l'association, estime que les géants américains ne respectent toujours pas la réglementation européenne. "Quand on accède à des services comme ça, on doit donner un consentement, qui est à la fois libre et explicite. Or les GAFAM nous arrachent un consentement qui n'est ni libre ni explicite."

Typiquement, sur Facebook, vous ne pouvez pas accéder au service sans accepter de céder tout un tas de données personnelles, de renoncer à votre vie privée, à votre liberté de conscience... Et ça, c'est interdit par les nouvelles normes européennes.

Il faut dire que le modèle économique est basé sur de la publicité ciblée... La Quadrature du Net sera la première association à tester la nouvelle législation qui élargit les pouvoirs de la CNIL, la Commission nationale de l'informatique et des libertés. "Elle avait des pouvoirs de sanction très faibles, jusqu'à 150.000 euros il y a encore peu", explique Arthur Messaud. "Maintenant ces pouvoirs ont enfin augmenté : c'est 4 % du chiffre d'affaires mondial. _Pour Google, ça ferait 4 milliards d'euros qui iraient dans les caisses de l'État._"

Les GAFA en chiffres © Visactu / Visactu

Pour l'association, cette action doit aussi pousser les responsables à aller plus loin : "est-ce que la CNIL sera courageuse en allant sanctionner et en se montrant suffisamment ferme ? _L'idée de l'action de groupe, c'est de faire pression sur la CNIL pour que la CNIL fasse pression sur les géants_, les entreprises."

Les plaintes contre chaque géant du net seront déposées le 25 mai. On ne demande pas de dommages et intérêts dans cette action de groupe, rappelle la Quadrature du Net. Simplement des sanctions pour non-respect de nos libertés fondamentales.

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