30 minutes de sport par jour à l'école, l'expérimentation fait déjà ses preuves

par Fanny Lechevestrier publié le

"30 minutes d’exercice par jour, à l’école" : l’Académie de Créteil, soutenue par le comité d’organisation des Jeux de Paris 2024, a lancé le 9 novembre une grande expérimentation pour lutter contre la sédentarité des enfants. 21 écoles testent le dispositif avec déjà les premiers bénéfices.

Les élèves de CP de l'école Paul-Bert, à Nogent-Sur-Marne, en pleine séance de sport dans la cour © Radio France / Fanny Lechevestrier

Inciter à une activité physique quotidienne, c'est le credo affiché cette année par le ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Avec le soutien du comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, une expérimentation propose aux écoles primaires la pratique de 30 minutes d'activité physique par jour, au sein des établissements. Des séances quotidiennes qui s'ajoutent aux cours de sport déjà dans le programme. L'académie de Créteil, via Jean-Marc Serfaty, délégué académique à l'action sportive, à l'olympisme et au paralympisme, s'est lancée dans le projet le 9 novembre dernier. 21 écoles s'y essayent dont six structures pilotes. Objectif : lutter contre la sédentarité et l'obésité mais aussi montrer que le sport contribue au bien-être des enfants.

4 principes : courir, sauter, lancer, danser

Parmi les établissements à expérimenter les "30 minutes de sport par jour", l'école primaire Paul-Bert, de Nogent-sur-Marne, dans le Val de Marne,  11 classes et 290 élèves. Cet après-midi-là, une vingtaine d’élèves de CP multiplient les exercices dans la cour, avec pour seul matériel, des cerceaux. Un programme que Clémence Sorgnard, enthousiaste, propose à sa classe depuis deux semaines : "Je trouve que le projet est vraiment extra", explique-t-elle, car "pour des enseignants qui ne sont pas spécialistes en EPS, cela permet de se réconcilier avec cette matière qui n'est pas facile à mener dans un grand groupe, avec une classe. Là, c'est rassurant, ce sont des séances très faciles à mettre en place, très rapides et avec peu de matériel. Les consignes sont simples". 

Cloche-pied, course, marche, ce jour-là, la séance est basée sur des exercices avec l'aide d'un cerceau © Radio France / Fanny Lechevestrier

"Le sport, c'est cool parce que cela dépense les gens"

L’Académie de Créteil fournit en fait aux écoles une quarantaine de fiches clef en main, avec des séances basées sur 4 principes : courir, sauter, lancer, danser, avec à chaque fois, les différents exercices proposés pour une séance complète. Et visiblement, les enfants sont conquis. Les CP que nous avons rencontrés étaient tous tout sourire, les uns à nous dire qu'ils aimaient courir, marcher, apprendre à faire des cloche-pied ou encore sauter. Mais surtout à la question "est-ce que cela vous fait du bien?", un grand oui a fusé. Et l'un des enfants âgés de six ans, nous a dit que "le sport, c'est cool parce que cela dépense les gens, cela peut dépenser les gens".  

Et se dépenser, c’est effectivement l’un des grands objectifs du projet pour lutter contre la sédentarité alors que 18% des enfants sont aujourd’hui en surpoids. Dans un rapport publié le 23 novembre, l'Anses, l'agence nationale de sécurité sanitaire affirmait même que deux tiers des adolescents de 11 à 17 ans se retrouvaient à un niveau de risque élevé, faute d'activité physique, soit en surpoids ou en obésité, avec des troubles du comportement alimentaire ou encore avec une qualité de sommeil et de vie altérées. Or, l'habitude de faire du sport doit se développer dès le plus jeune âge. "Là, beaucoup me disent qu'ils se sentent mieux après l'effort. D'autres que cela les fatigue, qu'ils sont essoufflés, ce qui montre bien l'utilité de ces séances" ajoute Clémence Sorgnard. 

"L'attention, la concentration, c'est extraordinaire. Quand on retourne en classe, le calme", souligne la directrice Fanja Rahjason

Mais si en deux semaines, les effets sur la santé sont encore difficilement quantifiables, Fanja Rahjason, la directrice de l’école Paul-Bert qui a tout de suite adhéré à l'expérimentation, voit déjà des bienfaits très concrets de ces 30 minutes d'activité physique quotidienne. "On partage un peu la cour et le préau et on s'organise pour que tous les classes aient leur créneau quotidien. Avec déjà des résultats !" s'enthousiasme Fanja Rahjason, "L'attention, la concentration, c'est énorme. Vous savez, quand vous revenez d'une récréation ou de la cantine, souvent les enfants sont un peu excités. Et là, on revient en classe après la séance...et c'est d'un calme. C'est incroyable. _Cela fédère aussi car ils ont des exercices à pratiquer ensemble_. Ce qui me surprend ? C'est qu'en 15 minutes d'exercices seulement, on voit les effets et que l'on retrouve un calme et une concentration en classe. Avant, on perdait un temps fou à dire chut, à demander le calme et là, c'est tout de suite".  

Et pour les classes de CP de l'école Paul-Bert, 13h30 est le meilleur créneau horaire pour pratiquer. Dans le cadre de l'expérimentation, à la fin de chaque séance, les élèves partagent leurs ressentis avec leur enseignante, ce qu'ils ont aimé ou pas, ce qui leur a paru compliqué, s'ils étaient trop fatigués ou en meilleure forme à l'issue des exercices. Tout ceci en vue d'améliorer les fiches explicatives fournies aux écoles.

Un bilan complet dressé lors de la Semaine olympique et paralympique

D'autres écoles des académies de Lyon ou Poitiers devraient également prochainement s'y mettre. Et un bilan complet de l'expérience sera présenté lors de la Semaine Olympique et Paralympique, du 1er au 6 février 2021. Les fiches des exercices seront alors mises en ligne pour toutes les écoles qui souhaitent se les approprier. 

En attendant, un clip lancé par le Comité Paris 2024 et promu par la chorégraphe Fauve Hautot et les champions Ladji Doucouré et Sami El Guedarri, fait la promotion de l'activité physique auprès des jeunes.

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