Tant bien que mal, la Semaine d'art en Avignon se poursuit. Ce rendez-vous d'automne, qui remplace le Festival d'Avignon annulé cet été, se déroule toute la semaine, malgré le couvre-feu de 21h, avec des spectacles présentés en journée. Comme "Andromaque à l'infini", dans la mise en scène de Gwenaël Morin.

Andromaque à l'infini à la Semaine d'Art en Avignon
Andromaque à l'infini à la Semaine d'Art en Avignon © Christophe Raynaud de Lage

"Andromaque à l'infini" est jouée pendant toute la durée de la Semaine d'art en Avignon, en itinérance dans des communes alentours. Il n'y a pas de décor, pas de costumes. Les spectateurs se font face dans deux gradins pour cette version de 1 heure 15, avec le texte en intégral. C'est le défi incroyable que s'est imposé le metteur en scène Gwenaël Morin, dans cette version radicale de l'œuvre de Racine : les alexandrins sont dits à toute vitesse, dans une version presque slamée. "L'alexandrin, c'est facile à retenir" explique le metteur en scène. "Il y a une espère de principe de répétition, de ritournelle, et il faut savoir lâcher le sens, d'où cette rapidité avec laquelle on énonce les alexandrins. Il y a une espèce de logorrhée qui produit un espace sensible autre que l'espace rationnel auquel on est habitué."

Promouvoir la diversité sur la scène

La distribution est resserrée avec trois jeunes comédiens issus du projet 1er acte du Théâtre National de Strasbourg. Un programme initié en 2014 par le comédien et metteur en scène Stanislas Nordey, qui vise à promouvoir une plus grande diversité sur les plateaux de théâtre. Le programme a permis, en cinq saisons, à 81 jeunes acteurs et actrices de suivre des master classes dans des théâtres partenaires avec des professionnel·le·s reconnu·e·s du spectacle vivant, et de participer à des créations comme celle-ci. 

D'un personnage à l'autre

Sonia Hardoub, Mehdi Limam et Emika Maruta ont appris tous les rôles de la pièce car chaque soir, ils changent de personnage : à l’un Pyrrhus, à l’autre Hermione et au dernier le tandem Oreste et Andromaque. Seule Barbara Jung, comédienne chevronnée, en cheffe d’orchestre munie d’une grosse caisse, conserve l’ensemble des rôles secondaires : "Il n'y a plus de division entre nous", confirme la comédienne. 

"On forme un corps. Quand je ne dis pas le texte, je le pense avec celui qui joue. Quand il se trompe, quand il a une fragilité, je tremble avec lui. On vibre ensemble !"

"Antigone à l'infini" est un spectacle brut, sans artifice, dépouillé, fragile, qui colle parfaitement à la période que traverse le théâtre en ce moment.

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