Alors que l’été approche (et que les Français savent qu’ils devraient pouvoir partir en vacances à plus de 100 kilomètres de chez eux), les 12 000 organisateurs de colonies de vacances, eux, ne voient pas la lumière au bout du tunnel. Certaines structures craignent de ne pas survivre à cet été particulier.

Les colonies de vacances 2020, si elles peuvent être maintenues, seront très particulières
Les colonies de vacances 2020, si elles peuvent être maintenues, seront très particulières © AFP / Fred Dufour

En France, un million d’enfants partent traditionnellement en colo chaque année. Mais cette année, faute de trésorerie et dépendantes des inscriptions, de nombreux organismes de petite taille se disent pris à la gorge.

Ces structures sont à la fois suspendues au risque de deuxième vague de l’épidémie et confrontées à la baisse des ressources de certaines familles. Des familles inquiètes, et dans l’incertitude... Résultat : jamais les inscriptions en colonies de vacances n’ont été aussi peu nombreuses à cette époque de l’année.

"On a rempli un quart de nos inscriptions, là où l'on pouvait espérer être à 80 %", se désespère Arnaud de Bechevel de l’association Vita Colo (60 séjours prévus cet été). "C'est une situation catastrophique pour énormément de structures."

Pour faire grimper les réservations, le gouvernement annonce donc l’élargissement des chèques vacances aux salariés des PME. Ce n'est pas assez, pour Arnaud de Bechevel : "C'est une première réponse, mais c'est très insuffisant. Les premiers à souffrir, ce sont les plus petits qui vont devoir, s'il n'ont pas d'aides, fermer leurs portes."

Pas de protocole sanitaire clair pour l'instant

La situation est d’autant plus délicate que le protocole sanitaire auquel seront soumises les colos, si elles sont autorisées cet été, n’est pas encore arrêté, explique Gabriel Hupscheverlin, de l’Union française des centres de vacances. "Aujourd'hui, on dit aux parents : 'rassurez-vous, inscrivez-vous, en tout état de cause on assurera la sécurité de vos enfants'. Mais effectivement, on ne peut pas aujourd'hui parler des mesures qui seront imposées."

Le protocole sanitaire spécifique pour les colonies de vacances est attendu à la toute fin du mois de mai ou début juin, dans l’hypothèse où le déconfinement ne conduirait pas à une nouvelle flambée de l’épidémie. Mais ces mesures pourraient aussi, selon leur rigueur, vider de leur sens une bonne partie des séjours, conçus pour être des temps forts de rencontres et non d’isolement. Et donc conduire à de nombreuses annulations.

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