INFORMATION FRANCE INTER | Le groupe Vivarte a décidé de fermer la plateforme qui permettait jusqu’ici d’approvisionner au départ de l'Asie les 860 magasins de prêt-à-porter. Une cession totale de la marque n’est par ailleurs plus exclue.

Les syndicats sont convoqués. Selon eux, pour dessiner les contours d'un éventuel PSE en vue d'une possible reprise
Les syndicats sont convoqués. Selon eux, pour dessiner les contours d'un éventuel PSE en vue d'une possible reprise © Maxppp / EPA/Newscom/ Etienne Laurent

Lorsqu’il a découvert "par lui-même" que la plateforme d’approvisionnement LHBO qui fournit les magasins en provenance d’Asie allait fermer, Jean-Louis Alfred de la CFDT La Halle a sauté au plafond. 

Liquidée, purement et simplement la centrale d'achat : 150 salariés à la porte. "C’est preuve que les choses s’accélèrent et pas dans le bon sens" pour ce syndicaliste. "En quelques jours, on est passé d’une procédure de sauvegarde, où l’on nous disait qu’il fallait préserver l’outil et l’entreprise La Halle en ne supprimant 'que' 200 à 250 magasins, pour apprendre aujourd’hui que la source d’approvisionnement est tarie. C’est preuve du peu de considération de nos dirigeants et ça ne présage rien de bon". 

Au siège de Vivarte, on justifie une décision de bon sens. "Nos magasins étant fermés depuis le début du confinement, les ventes se trouvant à l’arrêt,  LHBO qui compte la Halle comme client exclusif se trouve dans une situation difficile. La décision prise de fermer le bureau d’achat basé en Asie permet ainsi d’éviter des coûts de structure qui fragiliseraient davantage encore la situation financière de La Halle". Seulement, avec la fermeture de cette filiale, "80 % de l’approvisionnement ne sera désormais plus assuré" évalue un syndicaliste (ce que conteste la direction qui avance plutôt le chiffre de 50%). 

"Un repreneur est sans doute déjà sur les rangs, qui doit demander à ce qu’on fasse le sale boulot pour lui avant d’acheter"

Pour Jean-Louis Alfred, tout ça va dans le sens d’assécher la Halle : "Si vous coupez les circuits d’approvisionnement, que plus aucune fourniture ne rentre, vous posez la question des centres logistiques qui n’ont plus la moindre utilité, des personnes chargées de gérer les achats comme il n’y en a plus", déplore le syndicaliste. "Vous commencez comme ici à mettre tout le monde au chômage partiel, vous économisez les salaires et préparez le terrain, par la même occasion, à un potentiel repreneur qui à mon avis est déjà là".  

L'annonce légale parue il y a quelques jours
L'annonce légale parue il y a quelques jours

La semaine dernière d’ailleurs, l’annonce légale parue dans la presse, dans un tout petit encart, a fait tiquer les syndicats. Dans sa rédaction, elle n’exclut pas une vente de la Halle dans sa totalité. Chez Vivarte, on répond plus ou moins à côté, précisant que "si un investisseur venait avec une offre globale dans les mains, ce serait à l’administrateur judiciaire de voir si le projet est cohérent". Pour la CGT, "c’est sûr qu’un repreneur est déjà sur les rangs, qui doit demander en coulisses de faire le sale boulot pour lui avant d’acheter".

Bientôt un PSE ? La direction dit que non, les syndicats s’y attendent

Le lundi 4 mai, les organisations syndicales sont convoquées à une réunion. L’objet, selon Jean-Louis Alfred est de "pousser les syndicats à négocier un plan de sauvegarde de l'emploi dans le cadre de l’éventualité d’une reprise". "On marche sur la tête !" lance-t-il.

Aucun projet de PSE n’est actuellement en rayon répond la direction. "De la com’, rien que de la com’" commente un responsable syndical. "Entre nous, on sait tous que ça va nous tomber dessus". 

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