Fin du masque en extérieur, accélération de la vaccination, levée des restrictions sanitaires, etc : tout semble réuni pour permettre le retour de... la bise, tradition française délaissée pendant la crise sanitaire, symbole de la distanciation sociale. Pour ces Français, la bise c'est oui, mais plus à n'importe qui.

Alors, faire la bise, on continue ou pas ?
Alors, faire la bise, on continue ou pas ? © Getty

Lorsqu'elle retrouve ses amies, Aude ne se pose plus la question : elle claque deux bises bien sonores sur la joue de ses proches. "La question, c'est de faire la bise à quelqu'un dont on n'a pas envie. C'est agréable maintenant, en se rangeant derrière les gestes barrières, de pouvoir choisir", explique cette mère de famille. Terminée, ainsi, la longue série d'embrassades imposée en soirée ou en arrivant au travail le matin.

La distanciation sociale, Aude y voit même certains avantages. "Il n'y a pas eu de gastroentérites cet hiver, ni trop de grippes. Les enfants ont eu moins de rhumes. Je pense que les virus circulent moins quand on ne se fait pas la bise, c'est quelque chose que je n'oublierai pas", confirme-t-elle.  

Au bureau, le check a pris le dessus sur la bise

La bise est moins fréquente au bureau, mais les Français ne sont pas devenus impolis pour autant. Pauline travaille comme cheffe marketing dans un grand groupe de distribution. Avec ses collègues, ils ont adopté de nouvelles habitudes. "Le check de coude, le bonjour de loin... On ne se pose plus la question et je ne pense que cela va changer", assure la jeune femme.

Cette distance rend nostalgique Jean-Paul, qui regrette le manque de contact humain. "Le Covid a changé beaucoup de choses, on hésite même à se serrer la main, il y a beaucoup de paranoïa", lâche ce fervent défenseur de la bise. Pour lui, c'est aussi un élément de notre culture

"C'est très français. Il faut se faire la bise ! C'est un grand moment de convivialité quand c'est avec quelqu'un qu'on aime bien. Un parent, un ami. La bise c'est important, à condition bien sûr, qu'elle ne gêne pas les autres et dans le respect de chacun" 

D'autres, comme Franck, y voit le moyen de renouer avec leurs proches après une longue période d'éloignement et d'efforts. "Une fois les deux doses de vaccins reçues, on est un peu moins vigilant sur les gestes barrières. On s'autorise ce rapprochement mais seulement avec nos proches. Ceux qui nous ont manqué et en qui on a confiance", confie Franck. Reste toujours à régler le casse tête des coutumes régionales : deux, trois, voire quatre bises... à chacun ses traditions.