Trois ans après l'attaque qui a fait 86 morts et plus de 450 blessés sur la Promenade des Anglais, l'Association française des victimes du terrorisme accueille de plus en plus de personnes en situation de choc post-traumatique.

Le mémorial aux 86 victimes des attentats de Nice du 14 juillet 2016
Le mémorial aux 86 victimes des attentats de Nice du 14 juillet 2016 © Maxppp / Jean François Ottonello

Le temps n'a pas effacé leurs plaies. Au contraire. Bien que ce 14-Juillet soit placé sous le signe de la "renaissance" par la ville de Nice, de nombreuses victimes se retrouvent encore aujourd'hui rattrapées par le traumatisme et se tournent vers les associations, constate  Guillaume Denoix de Saint Marc, directeur général de l'Association française des victimes du terrorisme (AfVT).

"Les personnes qui viennent nous voir maintenant sont des victimes qui sont passées sous les radars, qui n'ont pas été blessées physiquement, explique-t-il. 

Ces personnes étaient plus ou moins près de l'événement et se sont dit 'moi je n'ai rien, je ne suis pas blessée, je vais m'en sortir'. Elles ont préféré, dans une démarche bienveillante, laisser la place aux autres.

Pourtant, les signes de détresse sont bien là : problèmes de sommeil, énervement, comportements violents, alcool, etc. Qui peuvent engendrer des problèmes sociaux tels que la perte d'un emploi ou d'un logement. 

Un "choc post-traumatique"

Tout le monde peut être touché, pour Guillaume Denoix de Saint Marc. Il a ainsi rencontré des enfants, dont "les parents, dans le déni, n'avaient pas voulu voir que leur enfant était un peu impacté", mais aussi des adultes "solides, aguerris".

Car le choc post-traumatique n'a rien à voir avec la force ou l'entrainement, souligne-t-il. 

Le problème du choc post-traumatique, c'est que c'est une effraction psychique personnelle. Même les plus forts craquent.

Une indemnisation possible ?

Comme pour n'importe quelle maladie ou traumatisme, il faut donc que ces personnes consultent, soient suivies et accompagnées, préconise le directeur de l'AfVT. Ce dernier milite même pour que ces nouvelles victimes puissent être inscrites sur la liste des victimes officielles. Afin d'être, elles aussi, indemnisées, si les cas de choc post-traumatique liés à l'attentat de 2016 sont prouvés.

"L'attentat a provoqué une dégringolade dans leur vie. Plus tôt on accompagne ces gens, plus vite ils pourront reprendre une place dans la société", conclue Guillaume Denoix de Saint Marc. 

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