Ce sera un procès inédit, tant par l'importance des faits qu'il va juger que par son ampleur : on commence désormais à savoir à quoi va ressembler le procès des attentats survenus le 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts au Bataclan, au Stade de France et sur plusieurs terrasses du XIe arrondissement de Paris.

L'ancien palais de justice de Paris
L'ancien palais de justice de Paris © AFP / DANIELE SCHNEIDER / PHOTONONSTOP

C'est un énorme défi d'organisation pour l'institution judiciaire, d'abord pour déterminer le lieu où se tiendra, à l'horizon 2021, cette audience exceptionnelle devant la cour d'assises spécialement constituée. Où accueillir potentiellement plus de 1700 parties civiles, 350 avocats, la presse nationale et internationale, le public qui ne manquera certainement pas de venir en nombre ?

Le comité de pilotage, qui y travaille depuis plus d'un an, a opté pour l'ancien palais de justice, sur l'île de la Cité, à Paris. Pour des raisons symboliques, car il est difficile de remplacer la solennité d'un palais de justice. Pour des raisons de sécurité surtout, eu égard au profil des accusés attendus dans le box. Parmi eux, le détenu le plus surveillé de France, Salah Abdeslam, qui devait faire partie des commandos qui ont frappé Paris et Saint-Denis, ou encore Mohamed Abrini, surnommé l'"homme au chapeau", qui était l'un des porteurs de bombes de l'attentat de Bruxelles, le 22 mars 2016.

Une structure dédiée à construire

Mais aucune salle du vieux palais n'est adaptée à recevoir autant de monde. Il faudra donc construire une nouvelle structure, dans la salle des pas perdus, une salle d'audience dédiée capable d'accueillir jusqu'à 600 personnes. D'autres salles, équipées de vidéotransmission, devraient venir compléter le dispositif. Un dispositif qui devrait aussi servir ensuite pour le procès de l'attentat de Nice, lors du feu d'artifice du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais.

Lors du procès, il faudra faire rentrer les accusés (près d'une vingtaine de personnes mises en examen ou visées par des mandats d’arrêt), les avocats (près de 300), les parties civiles (environ 1700 à ce jour), les journalistes (sans doute quelques centaines), le public... Soit une jauge de quelque trois mille personnes, pour les journées les plus suivies.

L'audience des attentats du 13-Novembre pourrait durer jusqu'à six mois, temps nécessaire pour décortiquer ce dossier qui compte plus de 40 000 cotes, pour entendre les blessés, les traumatisés psychologiques et bien sûr les proches de ceux qui ont été tués ce jour-là. Car tous, magistrats comme avocats en ont déjà profondément conscience : ce qui se jouera durant ces mois d'audience sera bien plus qu'un simple procès. Ce sera aussi un morceau d'histoire collective.

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