Selon les révélations de la cellule investigation de Radio France et de l'Express, le centre du don des corps de la faculté de médecine de Paris-Descartes, au cœur d'une enquête sur les conditions de conservations des corps "donnés à la science", a été visité par des intrus à la fin du mois de janvier.

Une enquête a été ouverte par le pôle santé publique du parquet de Paris et confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne sur les conditions de conservations des corps "donnés à la science" à l'Université Paris-Descartes
Une enquête a été ouverte par le pôle santé publique du parquet de Paris et confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne sur les conditions de conservations des corps "donnés à la science" à l'Université Paris-Descartes © Radio France / Elodie Guéguen

Situé dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, ce centre anatomique – le plus grand d'Europe – est fermé administrativement depuis que l'Express a révélé le 26 novembre 2019 l'existence d'un vrai "charnier" composé de corps de personnes qui avaient légué leurs dépouilles à la science. 

Selon les révélations de la cellule investigation de Radio France et de l'Express, le centre du don des corps de la faculté de médecine de Paris-Descartes, au cœur d'une enquête sur les conditions de conservations des dépouilles, a été visité par des intrus à la fin du mois de janvier.

Plainte déposée par l'université, des archives dérobées

Après avoir mandaté un huissier pour constater l'intrusion, l'université de Paris a déposé plainte le 27 janvier 2020. Le cambriolage aurait eu lieu de nuit, au cinquième étage de la faculté, près des chambres froides du centre

Selon les constatations des enquêteurs, il n'y avait pas de trace d'effraction. Le ou les voleurs ont mis la main sur des cartons d'archives, notamment ceux des années 2002, 2009 et 2016. Ils ont également réussi à pénétrer le réseau informatique du centre. 

Qu'ont-ils emporté ? Ont-ils effacé des données compromettantes ? L'université l'ignore, mais ces questions se posent d’autant plus que la police judiciaire parisienne est donc chargée d'une enquête sensible pour "atteinte à l'intégrité de cadavres", depuis les révélations de documents et témoignages faisant état de corps en état de putréfaction, démembrés, entassés les uns sur les autres ou rongés par les souris. 

Le 4 décembre 2019, les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) s'étaient rendus sur place, accompagnés par un magistrat du parquet de Paris, pour procéder à des constatations, mais ils avaient laissé derrière eux les archives du centre d'anatomie.  

Malgré ce possible vol de données, les familles espèrent que les investigations permettront de déterminer qui, au sein de la prestigieuse université Paris-Descartes, savait dans quelles conditions étaient conservés ces corps. Ces familles, meurtries par le scandale, entendent manifester leur colère ce jeudi matin 27 février devant les locaux de la fac parisienne de médecine, rue des Saints-Pères. 

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