Certains pays y pensent pour relancer l’économie progressivement. Au Danemark, c’est acté. Ce "passeport Covid", délivré aux vaccinés, testés ou déjà infectés, donnera accès à la vie sociale en général. Le gouvernement l’a annoncé et y travaille pour une mise en service dès le mois de mai.

Le Danemark devrait lancer son passeport Covid dès le mois de mai. Et reprendre, peu à peu, une activité normale.
Le Danemark devrait lancer son passeport Covid dès le mois de mai. Et reprendre, peu à peu, une activité normale. © Radio France / Julie Pietri

Au Danemark, on peut encore distinguer dans la rue les nez, la forme des bouches. Le port du masque, à l’extérieur, n’est pas obligatoire. Mais il y a tout de même des sens de circulation pour piétons, dans certaines artères du centre-ville de Copenhague, et les restaurants, cinémas, musées, qui restent fermés.

 Thomas Bustrup, le patron de la Chambre d’Industrie du Danemark, qui représente 18 000 commerces et entreprises, attend le Coronapass avec impatience :

"Ça va créer beaucoup de mobilité. Si vous voulez assister à un match de foot par exemple, quand vous devez faire rentrer 60 000 personnes en une heure, vous avez besoin d’un système très rapide. 

"Avec une appli sur votre téléphone", poursuit-il, "pour qu’une machine en quelques secondes dise 'Vert, vert, vert'. Vous pourriez même l’utiliser dans votre vie privée en fait. Normalement, vous faites confiance à vos amis, mais bon...Vous aurez toujours moyen de dire, si on vous le demande : 'Regardez, c’est mon statut coronavirus'". 

À Copenhague comme ailleurs au Danemark, les porteurs d'un "Coronapass" pourraient se voir rouvrir les portes des restaurants, des musées ou encore des cinéma.
À Copenhague comme ailleurs au Danemark, les porteurs d'un "Coronapass" pourraient se voir rouvrir les portes des restaurants, des musées ou encore des cinéma. © Radio France / Julie Pietri

Dans le petit royaume scandinave, ce projet est contesté dans la rue par le mouvement des "Men in Black", les "hommes en noir", qui craignent d’être, via ce document, surveillés, et forcés de devoir se faire tester ou vacciner.

Karine, employée en maison de retraite, débat sur le sujet avec son époux. "J'y suis totalement favorable", dit-elle. Papen, 70 ans, n'est pas aussi catégorique : "Je dois dire que je suis partagé à ce sujet. Ça va faire trop de différences, de désaccords entre les gens. Qui peut aller où ? Je ne pense pas que ce soit bon."

C'est une question de limites, estime Lars Ramme Nielson, directeur du tourisme à la Chambre du commerce danoise. Oui, pour les voyages, matchs ou festivals. Mais le gouvernement va trop loin, dit-il, avec les cafés et restaurants : "Ça va limiter le nombre de clients qui ont le droit d'y aller. Et puis ça donnera du travail en plus aux restaurants et cafés, car ils devront aussi contrôler les clients, notamment. On ne pense pas que ce soit juste.'

Ce passeport Covid aura en tout cas une fin, il l'espère, et le plus rapidement possible. 

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