L’association Paris Aide aux Victimes a été missionnée pour mettre en place un dispositif de soutien psychologique, durant les huit mois du procès, pour les parties civiles qui en auraient besoin à l’audience mais aussi dans leurs lieux de résidence.

Des citoyens déposent des bougies et des fleurs en hommage aux victimes du 13-Novembre, le 14 novembre 2015 rue Alibert à Paris
Des citoyens déposent des bougies et des fleurs en hommage aux victimes du 13-Novembre, le 14 novembre 2015 rue Alibert à Paris © AFP / MARIUS BECKER / DPA

Ils sont immédiatement repérables à leur chasuble bleu clair, siglée des trois lettres PAV, pour Paris Aide aux Victimes. Toujours présents lors des procès dits “sensibles”, notamment eu égard au nombre de victimes concernées. L’un des derniers en date était le procès des attentats de janvier 2015 dans la rédaction de Charlie Hebdo, à Montrouge et dans l’Hyper Cacher. Ils étaient là chaque jour, dans la salle d’audience et aux alentours.Les premiers jours, on est dans un accompagnement très logistique”, raconte Marie Herry, référente procès pour l’association depuis deux ans. Aider les parties civiles à se repérer dans les lieux, leur indiquer les places qui leur sont réservées, etc.Mais ce n’est pas forcément évident pour les gens de venir nous voir au début.

C’est pourquoi, poursuit la présidente de l’association, la psychologue Carole Damiani, “une démarche proactive est nécessaire. Pendant de longues années, je n’ai pris que des psychologues dans l’association. Mais l’expérience a montré qu’il était intéressant d’avoir d’autres profils : des accueillants. Ils ont un abord plus facile et sont comme des fils rouges. Avec eux, les parties civiles parlent de tout, de rien, on va chercher un verre d’eau”. “On les accompagne fumer une cigarette, boire un café”, renchérit Marie Herry. Par ces petits gestes et “le fait de nous voir au quotidien, un lien de confiance se crée. Par la suite, ils viennent plus facilement vers nous.”

Les inconnues du procès du 13 novembre

Pour ce procès des attentats du 13 novembre, “on a été saisis par le parquet dès 2015. Donc on connaît déjà un certain nombre de victimes, qu’on avait reçues à l’époque et avec lesquelles nous avons gardé des liens", explique Carole Damiani. "Nous avons également été intégrés dès le départ dans le dispositif d’organisation. Nous étions ainsi présents lors des réunions avec les avocats, les parties civiles, etc.

Car un procès de cette ampleur se prépare longtemps à l’avance. Et même si “le procès des attentats de janvier 2015 nous a en quelque sorte servi de test”, explique Carole Damiani, de nombreuses inconnues persistent. L’ampleur du procès : 1800 parties civiles, 330 avocats, des centaines de journalistes. Sa durée : neuf mois. La mise en place d’une webradio pour les parties civiles qui ne peuvent assister à l’audience : ce dernier point est d'ailleurs source d’inquiétude pour la présidente de Paris Aide aux Victimes. “C’est totalement l’inconnu. Il y a des personnes qui vont se retrouver seules à entendre des choses très violentes et très difficiles.” Une assistance psychologique par téléphone a donc été mise en place. Mais pas seulement. 

On travaille aussi à mailler le territoire en fonction des lieux de résidence des victimes. De façon à ce que s’il y a besoin d’entretiens plus soutenus, on ait des adresses où les orienter.

Pour ce procès, enfin, Paris Aide aux Victimes prévoit d’étendre son dispositif de soutien aux professionnels : greffiers, magistrats, journalistes. “C’est arrivé lors du procès des attentats de janvier 2015 qu’un avocat ou un journaliste vienne nous voir”, se souvient Marie Herry. “Car c’est compliqué et cela génère de l’émotion pour les professionnels aussi.” Et Carole Damiani d’ajouter : “Personne ne sort indemne.

Tous nos articles sur le procès des attentats du 13 novembre 2015 sont à retrouver ici.