Puissance, résistance, agilité… Quand elles ne se font pas la guerre, les armées du monde entier adorent se défier, sur le terrain du sport en général. Quitte, comme la Russie l’a initié en 2015, à réinventer les épreuves pour en faire une vitrine. Et tant pis pour le bilan carbone et la pollution sonore.

Kazakhstan et Belarus s'affrontent dans un biathlon un peu spécial lors des Jeux militaires internationaux en 2018.
Kazakhstan et Belarus s'affrontent dans un biathlon un peu spécial lors des Jeux militaires internationaux en 2018. © AFP / Maksim Blinov/Sputnik

Ils sont 38 à s’affronter : 38 pays qui choisissent de se défier avec des armes plus ou moins lourdes, alors même que, parfois, ils s’opposent militairement dans la vraie vie. Les Jeux militaires internationaux (Armi2019), organisés pour la première fois par la Russie en 2015, réunissent chaque année une grosse trentaine de participants décidés à en découdre "pacifiquement".

Et parmi les 38 équipes mobilisées cet été, Israël côtoie la Syrie et l’Iran, l’Inde se mesure avec le Pakistan… Pour la première fois, la Suisse s’est également invitée. Au total, près de 6 000 hommes et femmes réunis en Arménie, en Azerbaïdjan, en Biélorussie, en Chine, en Inde, en Iran, au Kazakhstan, en Mongolie, en Ouzbékistan et en Russie. Le tout aux commandes de chars, d’avions, ou l’arme au poing.

Biathlon militaire

Car les Jeux militaires internationaux ne sont pas précisément des olympiades. (Même si on les rebaptise régulièrement les "War Olympics", ou "Jeux olympiques de la guerre".) Les épreuves, loin de l’esprit de Pierre de Coubertin, parlent d’elles-mêmes : "Sniper Frontier" (un challenge de tireurs d’élite) et "Maîtres de l’artillerie" (destruction de cibles au canon), pour les plus explicites, "Biathlon de chars" (course de chars avec tirs sur cibles, à l’instar du biathlon nordique) ou "Environnement sûr" (défense contre les radiations, les attaques chimiques ou biologiques) pour les plus originales.

Showroom à grande échelle

Au-delà de la compétition, dont les épreuves finales se déroulent ce week-end, les Jeux militaires internationaux se présentent comme une vitrine du savoir-faire russe – ou de celui de ses alliés – en matière d’armement. Dans le parc Patriot, près de Moscou, en marge d’Armi2019, les spectateurs peuvent découvrir en statique les lanceurs de missiles ou les chars qu’ils voient s’affronter sur le terrain.

Une piqûre patriotique autant qu’un argumentaire de vente pour un acteur, la Russie, qui s’efforce de réaffirmer sa puissance politique et militaire.

Depuis la fin 2018, Moscou talonne les États-Unis et la Grande-Bretagne sur le marché mondial des armes et des services militaires, note le Stockholm International Peace Research Institute, qui alimente une base de données sur le sujet depuis 1989. 

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