De plus en plus d’écoles s’équipent en capteurs de CO2 mais aussi en purificateur d’air, pour lutter contre le virus dans les salles de classe. La facture est salée pour les communes.

Dans les couloirs d'une école primaire.
Dans les couloirs d'une école primaire. © Radio France / Christine Wurtz

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer dévoilera cette semaine les modalités précises de la rentrée scolaire du 2 septembre. Mais déjà, il a tenté de rassurer parents et enseignants, dans une interview au Journal du dimanche, ce week-end. Face à l'inquiétude des enseignants,  parents et élèves, alors que le variant Delta, très contagieux, pourrait rapidement fermer des classes, le ministre rassure : cette rentrée sera "la plus normale possible, avec les élèves en classe tout en préservant la santé de chacun"

Depuis la fin du mois de juillet, le protocole sanitaire est connu. C'est donc, annonce-t-il, au niveau 2 de ce protocole que se fera la rentrée, sans cours à distance, le tout accompagné d'une campagne de vaccination pour les élèves de plus de 12 ans. Pour éviter les fermetures en cascade, des mairies prennent les devant et équipent déjà leurs écoles de purificateurs d’air, comme le réclament plusieurs scientifiques.

Des réserves de l'Éducation nationale sur son utilité

Ces purificateurs d'air permettent de réduire, au mieux de faire disparaître les particules qui sont dans l’air et qui contaminent. Dans les entreprises spécialisées, les commandes sont constantes, que ce soit pour les écoles, les collèges et les lycées. Depuis l'année dernière, la société NatéoSanté a équipé près de 500 établissements scolaires. Et ce n’est que le début affirme son président Thierry Ricci : "Depuis deux semaines, on perçoit une augmentation des demandes pour équiper certains lycées." La semaine dernière, l'entrepreneur a eu plusieurs rendez-vous avec des mairies pour équiper des écoles primaires. "Depuis l’année dernière, on a une accélération extrêmement forte pour équiper ce type d’établissements."

On s’attend à une année 2022 encore plus importante : un certain nombre de budgets ont été provisionnés pour pouvoir équiper les établissements, et forcément anticiper davantage le développement de la pandémie.

Des commandes sont en hausse, malgré les réserves de l'Éducation nationale sur l'efficacité des purificateurs d'air. Dans son interview au JDD, Jean-Michel Blanquer se dit favorable à la généralisation des capteurs de CO2 dans les établissements scolaires. Mais s'agissant des purificateurs d'air, s'ils "peuvent être utiles surtout pour certaines salles impossibles à aérer suffisamment par les fenêtres", "rien ne remplace le fait d'ouvrir les fenêtres", estime-t-il. 

Il n'en est d'ailleurs pas fait mention dans le dernier protocole sanitaire qui se contente de recommander l'installation de capteurs de CO2 et d’aérer "les salles de classe ainsi que tous les autres locaux occupés pendant la journée au moins 15 minutes le matin avant l’arrivée des élèves, pendant chaque récréation, pendant les intercours, au moment du déjeuner et pendant le nettoyage des locaux." Une aération d’au moins cinq minutes sera obligatoire toutes les heures.

D'autres pays optent pour les purificateurs

Dans un communiqué, le député Matthieu Orphelin fustige le manque de clarté du ministre de l’Éducation nationale. Il faut selon lui "généraliser les capteurs de CO2 et les purificateurs d’air dans les classes". Il s’interroge : "Car même si 'parfois ouvrir une fenêtre est plus efficace' comme le dit le ministre, comment apprendre à lire la fenêtre ouverte cet automne ou cet hiver ?" Il réclame la création d’un fonds d’aide à l’achat de capteurs de CO2 et purificateurs d’air pour venir en soutien des communes à hauteur de 1 000 euros par classe, soit 250 millions d’euros pour équiper les classes de l’ensemble des écoles publiques. 

Dans une tribune publiée dans le Monde le 18 août, une trentaine de médecins, enseignants et chercheurs, appellent à ne pas faire de l'école le talon d'Achille de la stratégie sanitaire, et pointe "la défaillance" du protocole sanitaire concernant les purificateurs d’air. "Cet été, l’Irlande, le Québec ont équipé toutes les classes de détecteurs de CO2, pendant que New York, Philadelphie et Francfort installaient des purificateurs dans les leurs. La Finlande, l’Autriche, des Länders allemands et des États américains financent également l’installation de ces dispositifs" écrivent-ils. Le ministre Jean-Michel Blanquer rétorque :

Ce n'est pas si simple que cela puisque le purificateur n'est pas utile dans toutes les circonstances.

Mais certaines communes et région n’ont pas attendu les directives du gouvernement. Les régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes ont néanmoins commencé à déployer massivement des purificateurs dans les lycées. Des villes comme Cannes ou Mérignac en ont quant à elles installé dans l'ensemble de leurs écoles, et même dans leurs crèches. En Rhône-Alpes, à Mornans, le maire a déboursé 10 000 euros au printemps dernier pour acheter sept purificateurs d’air. À Alfortville, dans le Val-de-Marne, selon le Parisien, la réflexion est encore en cours pour équiper ses 175 classes. Le hic reste le prix, le budget s’élève à 175 000 euros

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