En 2017, une bulle verte a vu le jour au cœur de la Floride. La ville de Babcock Ranch est sortie de terre pour accueillir des Américains en quête d'une vie plus proche de la nature. Babcock Ranch est alimentée par l'énergie solaire, une première aux États-Unis.

Sur la place principale des arbres solaires permettent de capter le wifi et de brancher son téléphone portable.
Sur la place principale des arbres solaires permettent de capter le wifi et de brancher son téléphone portable. © Radio France / Benjamin Fontaine

Au pays du pétrole et de la climatisation à outrance, il existe une "oasis" où se retrouvent aujourd’hui quelques centaines de familles américaines. Babcock Ranch se situe au cœur de la Floride. Sortie de terre en 2017, cette ville a été imaginée par Syd Kitson, un ancien joueur de football américain devenu promoteur immobilier.

Désignée première ville verte des États-Unis, Babcock Ranch n’est alimentée que par l’énergie solaire. Une ferme de 700.000 panneaux solaires a été construite au nord de la ville. "Nous produisons ce dont nous avons besoin et ce que nous n’utilisons pas part dans le réseau pour alimenter les habitations des alentours," explique Syd Kitson.

L'entrée principale de Babcock Ranch.
L'entrée principale de Babcock Ranch. © Radio France / Benjamin Fontaine

Au premier coup d’œil, Babcock Ranch a tout d’une petite ville de banlieue un peu chic des États-Unis. À quelques détails près. De larges pistes cyclables, si rares aux États-Unis, ont été tracées le long des routes. Les quelques véhicules que vous croisez sont des voiturettes de golf électriques.

30.000 hectares de nature préservés

Sur la place principale, des arbres solaires ont été plantés. Ces mâts en haut desquels ont été installés des panneaux solaires permettent de capter le wifi et de recharger son téléphone portable. 

"L'aboutissement de ce rêve a été le fruit de longues négociations avec notre partenaire Florida Power & Light et avec l'État de Floride", confie Syd Kitson. "En 2006, nous avons vendu 30.000 des 37.000 hectares que nous possédions à l'État en nous assurant que cette zone resterait préservée. Ça n'avait jamais été fait. Le reste nous l'avons utilisé pour construire la ville et la développer."

Robert et Robin Kinley sont les premiers habitants de Babcock Ranch.
Robert et Robin Kinley sont les premiers habitants de Babcock Ranch. © Radio France / Benjamin Fontaine

En raison de la crise économique, le projet a pris du retard et les premiers habitants n'ont posé leurs valises qu'en janvier 2018. Robert et Robin Kinley sont retraités. Ils vivaient à Orlando avant d'arriver à Babcock Ranch. "C'est en voyant le coucher de soleil que nous nous sommes décidés," sourit Robin. "Dès le lendemain nous sommes allés signer pour le terrain. Nous étions les premiers alors à blaguer, j'ai demandé à être nommé maire honoraire," plaisante Robert.

Le couple vit désormais dans une maison de 223m2 achetée plus de 400.000 euros, le double des prix pratiqués dans la région. Ils ont vue sur le lac qui porte leur nom, et où il n'est pas rare de croiser quelques alligators. La faune locale ne semble pas vraiment dérangée par les habitants.

Interdiction de se baigner dans le lac à cause des alligators.
Interdiction de se baigner dans le lac à cause des alligators. © Radio France / Benjamin Fontaine

Leur grande maison a été construite en respectant les dernières normes environnementales. Le toit est en métal pour économiser l'énergie et résister plus facilement aux ouragans qui font si peur à Robin. "En venant ici nous voulions fuir la pollution et le bruit de la ville," raconte l'ancienne professeure de français.

Un réseau d'eau en circuit fermé

Le couple a également investi dans une voiture électrique et envisage d'installer des panneaux solaires dans les prochains mois. "Nos factures d'électricité ont considérablement diminué et si on installe des panneaux solaires nous paierons encore moins cher !"

À Babcock Ranch, le réseau d'eau fonctionne en circuit fermé. Les eaux usées sont recyclées. Elles servent notamment à arroser les potagers communautaires dont certains fruits et légumes se retrouvent dans les restaurants de la place principale. Pour agrémenter leur jardin, les habitants doivent planter des arbres ou fleurs locales.

Sur la place principale, on trouve désormais deux restaurants et un café.
Sur la place principale, on trouve désormais deux restaurants et un café. © Radio France / Benjamin Fontaine

Les lotissements sont construits autour de plusieurs lacs. Pas moins de 80 kilomètres de sentiers ont été aménagés pour permettre aux coureurs et aux marcheurs de se dépenser. "Je cours tous les matins avant d'aller travailler, c'est formidable on peut profiter de la nature, admirer les paysages", raconte Shanon qui enseigne à l'école de la ville. L'établissement accueille désormais 500 élèves de la maternelle au collège. "Le développement durable, la protection de l'environnement, l'alimentation sont au cœur de notre programme et nous nous appuyons sur la ville pour l'expliquer aux élèves."

Objectif : 50.000 habitants d'ici 20 ans

Pour éviter les conflits de voisinage, la politique reste souvent en dehors des discussions, mais vous ne trouverez pas de climato-sceptiques dans la ville. "Je pense qu'ici nous avons une partie de la solution pour limiter le réchauffement climatique," confie Robert Kinley.

Loin d’être une utopie, Babcock Ranch accueille aujourd’hui 2.000 habitants, dont la moitié sont de jeunes couples avec enfants. Les maisons se vendent entre 170 000 et 700 000 euros. L’objectif du promoteur Syd Kitson est d’atteindre les 50.000 habitants d’ici 20 ans, tout en réussissant à préserver ce cadre de vie.

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