On l’oublie souvent, mais un quart des candidats au bac passent un baccalauréat professionnel ! Pour les 189 246 élèves de ces filières, les épreuves commencent dès mercredi avec le français et l’histoire-géographie. Les épreuves ont été aménagées pour tenir compte de la crise sanitaire.

Les candidats et candidates au bac pro commenceront mercredi par l'épreuve de français
Les candidats et candidates au bac pro commenceront mercredi par l'épreuve de français © AFP / MYCHELE DANIAU

Alors que les lycéens et lycéennes de la voie générale et technologique passeront l’épreuve de philosophie, qui inaugure le Bac 2021, pour ceux et celles qui passent le bac pro, les épreuves commencent dès mercredi et enchaîneront avec deux autres journées d’examen, jusqu’à vendredi. Les quatre épreuves écrites sur les enseignements généraux, communes à toutes les filières, sont maintenues : le français, l’histoire géographie, l’épreuve de prévention-santé-environnement et économie-droit ou économie-gestion. Mais seules les deux meilleures notes obtenues à ces quatre épreuves seront retenues, et serviront à calculer le résultat de chaque épreuve en fonction des coefficients.  

En clair, comment cela va-t-il fonctionner ? Prenons un exemple : un candidat obtient 14/20 en français, 12 en prévention-santé-environnement, 11 en économie-droit et 8 en histoire-géographie. Pour le français et la prévention-santé-environnement, les deux épreuves les mieux réussies, le jury retiendra les notes telles quelles. Mais pour les deux autres épreuves – les moins réussies – il prendra 14 et 12, affectées des coefficients correspondant à la matière, et fera la moyenne. Ce qui revient, dans ce cas précis, à une moyenne de 13,43/20. Cette note remplacera la 11 et le 8 obtenus au départ. L’élève aura ainsi ses quatre notes : 14, 12 et deux fois 13,43.  

Les candidats sont donc obligés de passer les quatre épreuves générales, mais ont pu accentuer leurs révisions sur deux matières en particulier.  

Des élèves dénoncent une "inégalité des mesures"

Les autres épreuves en revanche sont notées, comme d'habitude. Selon les filières, une épreuve sur la matière professionnelle, à gros coefficient, est prévue vendredi. Une épreuve de quatre heures pour Mélanie qui est en terminale "Accompagnement Soins et Services à la Personne", à Paris. Elle se dit "très confiante. Je me suis donnée les moyens de réussir donc je pense que ça ira." Mais la candidate est plus critique sur "l'inégalité des mesures mises en place entre les bacs généraux/techno et les bacs professionnels. Presque toutes leurs épreuves ont été supprimées pendant que nous, nous avons passé tous nos Contrôles en Cours de Formation, CCF (3 écrits et 3 oraux) et nous passons toutes nos épreuves officielles (10h30 d'épreuves écrites au total). 

"Je ne remets pas en question l'obtention de mon bac mais plutôt l'inégalité des aménagements, enlever toutes les épreuves à certains et aucune aux autres, c'est un facteur de stress." (Mélanie, élève de terminale en bac pro)

Mélanie ne comprend pas cette décision : "Nous avons tous vécu le même Covid", fait-elle remarquer, "isolement, classes fermées à cause des cas de Covid, dépression, manque de communication avec les professeurs, maladie, décès liés au Covid, cours annulés, le programme n'est même pas fini, sans parler des cours à distance qui sont inutiles et très mal organisés : passer l'heure à régler des micros ou à faire des exercices trouvés sur internet par les profs sans explication. Si on soulage d'un poids les élèves de la voie générale, je ne comprends pas pourquoi, nous, les élèves en pro, n'avons pas le droit de souffler aussi."

"On n'a pas pu tout étudier en cours"

Même sentiment d'incompréhension chez Omaïma, élève en bac pro commerce, au lycée Jean Capelle à Bergerac en Dordogne. "Il aurait vraiment fallu alléger le nombre d'épreuves pour nous", explique-t-elle. "Ceux qui passent le bac général et technologique n'ont que le bac de philo et un oral. Nous, on doit passer toutes les épreuves écrites, y compris les oraux qu'on a déjà passés. On trouve que c'est injuste." Cette élève se dit un peu stressée : "Malgré le fait que j'ai révisé, dit-elle, j'appréhende beaucoup ces trois journées d'épreuves car on n'a pas pu tout étudier en cours avec le Covid, des classes qui ont fermé, le confinement..." Omaïma n'a plus cours depuis le 20 mai en raison de cas de Covid dans sa classe

Mais elle est soulagée de savoir que sur les quatre épreuves des enseignements généraux, les deux meilleures notes seront prises en compte. "Ça me rassure un peu, reconnaît-elle, parce que sur cinq épreuves écrites, je me dis que je peux avoir au moins la moyenne dans deux épreuves donc je peux réussir mon bac". Elle a ainsi misé sur le français et l'économie-droit, les matières qu'elle maîtrise le mieux mais "il y a toujours la matière professionnelle, donc pour moi le commerce, précise-t-elle, que je dois vraiment maîtriser jusqu'au bout parce que c'est un gros coefficient, coefficient 4. C'est qui m'inquiète le plus !"