Le ministre de l'Économie prend la tête du classement des personnalités politiques préférées des Français, à égalité avec Marine Le Pen. Concernant les élections municipales, un très forte abstention se profile, selon l'institut de sondages.

"On évoque de plus en plus souvent un remaniement dans lequel il pourrait jouer un rôle important", note l'institut de sondages.
"On évoque de plus en plus souvent un remaniement dans lequel il pourrait jouer un rôle important", note l'institut de sondages. © AFP / Ludovic Marin

Il est le grand gagnant du baromètre politique Odoxa dévoilé ce mardi. Bruno Le Maire se hisse en tête du classement des personnalités politiques "en exercice" préférées des Français. Une percée qui s'explique - en partie - par des "sorties" du classement : Nicolas Hulot, Roselyne Bachelot ou encore Nicolas Sarkozy ne sont en effet ce mois-ci pas pris en compte, car ils ne sont plus sur le devant de la scène politique et médiatique. Un "toilettage" qui laisse donc de la place pour les autres.

Quand bien même : l'actuel ministre de l'Économie gagne ce mois-ci 3 points, avec 29% de Français disant le "soutenir" ou "avoir de la sympathie pour lui". Numéro 1 chez les sympathisants de La République en Marche, il gagne surtout en popularité chez les partisans Les Républicains : 15 points en un mois (3ème personnalité préférées chez LR, derrière le duo François Baroin - Xavier Bertrand.)  

De quoi jouer un rôle de premier plan lors du futur remaniement ? C'est en tout cas l'analyse de l'institut de sondages : "On évoque de plus en plus souvent un remaniement dans lequel il pourrait jouer un rôle important, et, pourquoi pas remplacer le populaire Édouard Philippe à Matignon." 

Marine Le Pen 1ère ex-aequo 

Marine Le Pen est l'autre personnalité politique qui se distingue. Elle partage le sommet du classement avec Bruno Le Maire, avec une cote d'adhésion à 29%. À nuancer cependant, car la présidente du Rassemblement national fait l'objet d'un fort rejet, de la part de la moitié des sondés.

Chez Les Républicains, Xavier Bertrand et François Baroin se taillent la part du lion, avec respectivement 28 et 27% de cote d'adhésion. Une cote d'adhésion qui atteint des sommets chez les sympathisants LR : 66% pour Xavier Bertrand, 68% pour François Baroin.  

Petit sursaut de popularité pour Emmanuel Macron

Regain de popularité pour Emmanuel Macron au mois de juin : 4 points. Mais avec 61% de mauvaises opinions, le Président reste très impopulaire, surtout quand on le compare à son Premier ministre Édouard Philippe. Ce dernier gagne ainsi 2 points en un mois, s'établissant à 48% de jugements positifs.

"C’est toute la difficulté pour Emmanuel Macron qui aura le plus grand mal à 'sortir' son populaire Premier ministre", analyse l'institut de sondages, "alors qu’il lui faut incarner l’acte III de son quinquennat avec un remaniement spectaculaire, et donc, 'normalement' avec changement de Premier ministre..." 

Vers une grosse abstention pour le second tour des municipales ?

À moins d'une semaine du second tour des élections municipales (28 juin), l'institut de sondage révèle des données inquiétantes. Selon ses estimations, la participation serait comprise entre 36 et 40%. Soit un nouveau record à la baisse, entre 22 et 26 points de moins qu'il y a 6 ans. D'habitude, si près du 2ème tour, 8 Français sur 10 sont sûrs d'aller voter. Chez Odoxa, on est à moins d'un sur 2. 

Selon Gaël Sliman, de l'institut Odoxa, les Français regardent ailleurs, avec le déconfinement et la crise qui se profile. Sans compter les vacances d'été, qui approchent. Et puis, le 2ème tour est tellement éloigné du 1er qu'il n'y a pas ou peu de dynamiques de campagne.

Les Français pas passionnés et pourtant toujours aussi attachés aux maires, c'est le paradoxe qu'observe Gaël Sliman : "Le maire est plus que jamais la figure institutionnelle préférée des Français. Avec la crise du Covid-19, les maires ont encore marqué des points dans l'opinion", décrypte-t-il. "Aujourd'hui, 73% des Français nous disent que les maires ont été à la hauteur de la situation face à la crise sanitaire. Ils sont une proportion quasiment inverse à estimer que le gouvernement n'a, lui, pas été à la hauteur."

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