Privé de basket cette saison avec la crise sanitaire, la légende George Eddy a décidé de donner des leçons de shoot sur un playground de la région parisienne. Avec le bouche à oreille, les basketteurs en herbe sont de plus en plus nombreux à venir profiter des conseils de la voix de la NBA en France.

George Eddy, la voix de la NBA en France, conseille de jeunes basketteurs sur l'art du tir
George Eddy, la voix de la NBA en France, conseille de jeunes basketteurs sur l'art du tir © Radio France / Fanny Lechevestrier

Très peu de matchs de basket à regarder à la télé, pas d’entraînement en salle pour les amateurs. La Covid-19 a poussé tous les sportifs à s’adapter, se réinventer, avec parfois de belles histoires à la clef comme celle de l’emblématique George Eddy qui va tâter le ballon quasiment tous les jours sur le playground de Châtou, dans les Yvelines, et où tous les samedis, il conseille gratuitement les fans de basket qui le souhaitent.

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Ce matin-là, il ne fait pas plus de 3 degrés et le givre rend le sol glissant. Ils sont pourtant une bonne dizaine de joueurs à se presser sur le bout de terrain en dur à attendre l'arrivée de George Eddy. Pour Benjamin, la trentaine, c'est "une occasion rêvée". Ecouter George Eddy lui apprendre l'art du tir, c'est aussi autant de souvenirs de jeunesse qui remontent, nous explique-t-il : "il y a trop de respect, forcément. C'est la petite madeleine de Proust de quand j'étais petit et que je regardais la NBA à la télévision. C'est une légende, la voix du basket en France ! Là, il fait super froid mais il vient quand même. Il a la même passion que nous en fait, on s'identifie encore plus à lui", nous dit-il un brin admiratif.

Des séances gratuites nées du confinement

"L'idée, c'est que je vais vous regarder jouer et je vais pouvoir comme cela, juger un peu de votre gestuelle et avoir par la suite des choses à vous conseiller, on va faire deux groupes pour les shoots". À deux pas de Benjamin, George Eddy, et son accent à nul autre pareil, indique déjà aux autres comment va se dérouler la séance du jour. Durant un exercice, tout en félicitant les uns ou corrigeant les autres, il nous explique le pourquoi de ces leçons données gratuitement : "normalement, je joue en salle avec mon club du Vésinet, mais là, avec le confinement puis la fermeture des gymnases, ce n'est plus possible. Alors, je viens ici quasiment tous les matins pour m'aérer et les cours, c'est pour m'occuper, parce que je suis bloqué à la maison alors que j'aime être dehors et bouger ! Pour le côté pédagogique, c'est mon père et ma mère. Mon père était prof de littérature anglaise à l'université aux États-Unis, et ma mère était très impliquée dans la vie associative. Donc le côté communication et transmission du savoir, j'ai cela en moi depuis que je suis tout petit". 

"Il reste un monument du basket en France. Moi, j'ai découvert la NBA grâce à lui" nous dit Adel

Et le plaisir de jouer, même avec des inconnus, de transmettre est évident, les rires omniprésents aussi. Pas étonnant, nous répond Adel, venu avec ses deux fils : "c'est sûr, c'est une légende pour moi, j'ai un peu plus de 40 ans et c'est par lui que j'ai découvert la NBA. Il y a plein d'expressions qu'on utilise encore et qui font référence à ces années Jordan dont il commentait les matchs. Mais spontanément, à chaque fois qu'on vient, il donne des conseils aux petits." 

"Le playground, par définition, c'est un moment presque démocratique" ajoute Adel. "Cela nous arrive de jouer avec des très grands, des très bons, qui s'adaptent aux plus petits. C'est vraiment l'occasion de brasser des populations différentes, c'est très bon esprit, c'est super sympa".  Et comme Souany, 25 ans, ils viennent de plus en plus loin pour pouvoir bénéficier de ces moments là : "on a fait le déplacement exprès pour s'entraîner avec lui, c'est une opportunité en or, il nous a donné de son temps, cela fait super plaisir" nous dit-il ému, et même aux anges quand George Eddy l'applaudit après un panier à 3 points réussi. 

Certains espèrent même profiter de ces leçons uniques pour montrer leurs progrès à leur club et coéquipiers, dès que le basket amateur pourra reprendre.

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