Vous êtes toujours de bon conseil pour réconforter un.e ami.e mais lorsqu'il s'agit de vous, vous ne vous trouvez pas à la hauteur ? Vous êtes très autocritique ? Vous avez peur de céder à la facilité ? Il est peut-être temps de prendre du recul et de vous recentrer sur vous-même.

Se prendre sans arrêt en selfie pour se valoriser, une fausse bonne idée pour avoir confiance en soi
Se prendre sans arrêt en selfie pour se valoriser, une fausse bonne idée pour avoir confiance en soi © Getty / Westend61

Claire Mizzi, psychologue, et les psychiatres Dr Céline Tran et Christophe André, autour d’Ali Rebeihi dans l’émission Grand bien vous fasse ont donné quelques pistes pour porter un regard positif sur soi.

Prendre conscience de son regard sur soi

"C’est étonnant de constater que nous nous traitons nous-même assez mal, que l’on peut être assez dur et que l’on se tance en permanence. Sans s'en rendre compte on parle de nous-même, non pas comme nous sommes, mais comme nous avons peur d’être. En ayant peur, les angoisses remontent et nous empêchent d'être notre meilleur soutien" explique Claire Mizzi. 

Céline Tran ajoute : "Je suis très surprise de la façon dont les gens se parlent. Ils sont hyper critiques. Mais ils ne s’en rendent pas compte. Nous les poussons à avoir plus de gentillesse et de bienveillance, ce qui va les obliger à mesurer que leurs jugement sévères ne sont que des impressions et pas la réalité." 

Christophe André : "Souvent les gens se maltraitent, mais ce n’est pas du masochisme. C’est une erreur dans la vision de ce qui peut nous faire progresser. Beaucoup de nos patients ont l’impression qu’en étant exigeant avec eux-mêmes, en se menant à la baguette, ils éviteront la mollesse, ils progresseront…"

L'autocritique : une sévérité qui joue comme une toxine mais qui ne vient pas de nous

Claire Mizzi : "Cette critique crée une tension, une émotion forte qui actionne un système d’alerte comme en cas de risque d’accident. Sauf que c’est inadapté. Cela vient d’une anxiété et d’une anticipation d’événements qui ne vont pas forcement se produire. Cette alerte empêche, ou diminue l’empathie, en particulier envers nous-même."

Céline Tran : Souvent c’est la voix de nos parents qui s’expriment à travers ces critiques : « tu as eu un 17, mais quelqu’un n’a pas eu un 19 ? », « mais pourquoi tu es si maladroit ? », « mais qu’est-ce que tu es nul, pourquoi es-tu si maladroit ? »…

Au fil du temps, on intériorise cette voix intérieure critique. 

Et elle ressort : « Tu as eu une bonne note ? Oui, mais tu sais, il y en a qui ont une meilleure note… »"

On ne devient pas forcément plus tendre avec soi avec le temps

Claire Mizzi : "Cette amitié avec soi-même se créé si on a eu de la chance d’avoir été élevé dans un système bienveillant, mais si le système de stress a été trop fort, et qu’on n’y prend pas garde, ça se sclérose." 

Christophe André : "Que fait notre meilleur ami quand on fait une erreur ? Il ne nous dit pas « T’es nul ! Les autres font mieux. ». Il nous rassure plutôt : « Là, ça ne marche pas. Réfléchissons ensemble à ce qui peut progresser ». 

L’amitié, c’est un mélange de bienveillance et d’exigence.

📖  LIRE | Comment devenir moins dur avec soi ?

🎧 ECOUTER | Grand bien vous fasse sur la bienveillance et La Chronique de Christophe André sur le même sujet

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