C'est en tout cas l'idée que défendent une centaine de députés LREM. Dans une proposition de loi déposée fin juillet, ils suggèrent d'assouplir la loi Evin de 1991 en rétablissant l'autorisation de vente d'alcool dans les stades des clubs professionnels.

 Les clubs amateurs bénéficient, eux, d'une dizaine de dérogations par an vis-à-vis de la loi Evin
Les clubs amateurs bénéficient, eux, d'une dizaine de dérogations par an vis-à-vis de la loi Evin © Getty / Frontzonesport / Lars Ronbog

Il y a quelques jours, une centaine de députés LREM ont déposé une proposition de loi pour promouvoir le sport en France, et faire de la France une "nation sportive". Le dernier article, l'article 18, explique vouloir "assouplir, de manière encadrée, l'application de la loi Evin dans les stades, en étendant l'octroi d'autorisations temporaires de vente d'alcool aux sociétés sportives". En clair, il s'agit d'autoriser la vente d'alcool dans les clubs professionnels qui n'en ont pas le droit depuis 1991.

La nouvelle n'a pas manqué de faire réagir les militants anti-alcool, et notamment l'ANPAA, l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie. Elle accuse ces députés d'être les fidèles serviteurs du lobby alcoolier.

Pour défendre leur texte, les députés en question avancent plusieurs arguments. D'après eux, ré-autoriser cette vente d'alcool, c'est d'abord permettre aux clubs professionnels de gagner de l'argent. C'est aussi mettre fin à une injustice : malgré la loi Evin, en effet, les clubs amateurs bénéficient déjà de dérogations pour vendre de la bière, et dans les loges VIP des grands stades, la loi Evin ne s'applique pas, le champagne peut déjà y couler à flot. Pour le député LREM de Moselle Belkhir Belhaddad, l'article 18 uniformiserait la situation.

Le lobby alcoolier et les Jeux Olympiques de 2024 en ligne de mire

Qui plus est, dit-il, "arrêtons l'hypocrisie", les supporters ne se gênent pas pour boire aux abords des stades et personne n'y trouve a redire. 

À l'extérieur des stades, on trouve des buvettes partout, et les gens boivent, je préfère qu'on puisse boire à l'intérieur de façon encadrée, les clubs y gagneront des recettes mais pourront aussi accompagner cette vente d'actions de prévention et de sensibilisation à l'alcool.

L'argument fait bondir Bernard Basset, le vice-président de l'ANPAA, l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie. 

"On buvait avant peut-être. Maintenant on boira avant et pendant le match ! Cet article, s'il venait à être voté un jour, multiplierait les occasions de boire, ce qui est évidemment très mauvais, notamment vis à vis des jeunes, dont ça risque évidemment de banaliser la consommation d'alcool", dit-il. Bernard Basset ne décolère pas. Pour lui, les députés cèdent au lobby alcoolier qui n'aurait de cesse, surtout depuis que les Jeux olympiques ont été attribués à la France, de faire pression pour une remise en cause de la loi Evin sur les événements sportifs. 

C'est une affaire de gros sous, et les députés s'en font le relais. 

Plus de 110 députés de la Majorité Présidentielle soutiennent ce texte. Ils espèrent que le texte sera examiné à l'automne.

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