Une équipe de recherche de l'Institut Curie travaille sur un test urinaire simple, fiable et non douloureux qui pourrait permettre à beaucoup d'hommes d'éviter des biopsies pour diagnostiquer un cancer de la prostate.

Ce test simple permettra de mieux trier les patients et d'éviter la biopsie à près de la moitié d'entre eux
Ce test simple permettra de mieux trier les patients et d'éviter la biopsie à près de la moitié d'entre eux © Getty

Une équipe du CNRS qui travaille à l'Institut Curie, dirigée par Antonin Morillon, vient d'obtenir un financement européen pour finaliser la mise au point d'un tout nouveau test de diagnostic du cancer de la prostate. Il s'agit d'un simple test urinaire, qui aura l'immense avantage, si le projet se concrétise, d'être rapide et moins douloureux que ce qui est proposé aujourd'hui. Cent mille hommes endurent en effet chaque année en France, une biopsie inconfortable, invasive et stressante, pour confirmer ou infirmer un doute.

Éviter les biopsies inutiles

Aujourd'hui, le dépistage du cancer de la prostate se fait d'abord par prise de sang et par palpation de la prostate. On cherche dans le sang ce qu'on appelle le taux de PSA (antigène prostatique spécifique), mais on ne s'arrête pas là, car ces méthodes ne sont pas assez précises et ne suffisent pas à poser un diagnostic. Quand il y a un soupçon (une prostate gonflée, dure et un taux de PSA élevé), les patients doivent subir une biopsie douloureuse et angoissante avec des risques d'infection (dans 10% des cas). Un moment difficile pour le patient et qui ne confirme un cancer que dans 50% des cas.

Le test urinaire proposé ne viendrait pas remplacer le dépistage et la prise de sang, qui restent indispensables dans un premier temps pour repérer les patients à risque. En revanche, le test interviendrait juste après, en cas de doute et poserait alors un diagnostic fiable - ses concepteurs parlent d'une fiabilité de 100%- et permettant ainsi d'éviter de 30 à 40% de biopsies inutiles. Finalement, seuls les patients avec un test urinaire positif seraient orientés vers la biopsie. Autre avantage du test : il devrait permettre de faire des économies de santé, en évitant des biopsies, plus onéreuse que le test urinaire.

Le test serait fait par un urologue, et le résultat connu en quelques jours

Grâce à l'intelligence artificielle, l'équipe de recherche française a identifié dans une partie méconnue ("cachée") du génome : une série de biomarqueurs détectables dans l'urine et présents en grand nombre dans les cas de tumeurs de la prostate.

Le test moléculaire, baptisé "Prostator", pourra servir à dresser des diagnostics précoces, mais aussi permettre de suivre, au fil du temps, l'efficacité ou non d'une thérapie, sans passer par la biopsie. Il ne sera pas disponible pour les patients avant 5 à 10 ans, il va falloir notamment 18 mois pour valider encore la preuve de concept. 

En France 54 000 cas de cancers de la prostate sont diagnostiqués chaque année.

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