Avec plusieurs semaines d'avance sur les métropolitains, les étudiants de l'île reprennent le chemin de la fac, avec une affluence exceptionnelle cette année. Presque 10% d’effectifs supplémentaires, c’est du jamais vu sur l’île. Plus de 18 000 jeunes devraient être accueillis.

Les jeunes ont préféré rester à la Reunion - ici la faculté des sciences sur le campus de l'université de La Réunion - plutôt que de se rendre en métropole
Les jeunes ont préféré rester à la Reunion - ici la faculté des sciences sur le campus de l'université de La Réunion - plutôt que de se rendre en métropole © Wikimedia / Thierry Caro

Frédéric Miranville, président de l'université de La Réunion, et Gilles Lajoie, président du conseil académique n'en reviennent pas : ce sont plus de 1 500 nouveaux jeunes qui vont rejoindre les campus de Saint Denis et du Tampon pour cette rentrée. Les inscriptions, qui ont débuté en juillet, courent encore jusqu’au 21 septembre. Les premiers retours montrent que Covid oblige, les facs de Saint-Denis, à La Réunion font face à une forte augmentation des inscriptions. L’Unité de Formation et de Recherche (UFR) Lettres et sciences humaines, celle de Droit, doivent absorber toutes les deux plus de 25% d'élèves supplémentaires. 

Plusieurs raisons à cela. Les bacheliers ont été plus nombreux, comme partout en France. Et il y a beaucoup moins de candidats aux études en métropole, découragés par le Covid, refroidis par une expérience de confinement de plusieurs mois isolés, ou en difficulté pour trouver un logement. L'augmentation du nombre des inscriptions correspond à celle des quatre dernières années réunies. "C'est considérable" glisse Frédéric Miranville, très serein malgré tout. "C'est vraiment la rentrée de tous les défis," renchérit Gilles Lajoie.

"Je partirai l'année prochaine si ça se calme"

Manon, 18 ans, par exemple, avait prévu de venir en métropole poursuivre ses études, contre l'avis de sa famille. Elle s'est finalement ravisée il y a deux semaines. Elle s'est inscrite en littérature et civilisations étrangères. "Avec tout ce qui s'est passé à cause du Covid, c'était plus compliqué de se poser, de trouver quelque chose. Donc je préfère rester ici pour l'instant. L'année prochaine, peut-être." 

Même son de cloche chez Anthony Carpaille, 18 ans. Il avait prévu de s'inscrire en sciences humaines et sociales, à Nantes ou Lyon. Soucieux de protéger une maman fragile notamment, il a renoncé pour tenter une première année d'AES, administration économique et sociale à Saint-Denis. "Je partirai l'année prochaine si ça se calme" dit-il.

Un planning pour que les étudiants tournent dans les amphithéâtres

En attendant l’année prochaine, il faut assurer cette rentrée. Par temps de Covid, ça veut dire moitié moins de monde dans les amphithéâtres. Donc des cours à distance pour l'autre moitié de la promo. "Il y aura un planning de roulement pour respecter l'équité de traitement de tous les étudiants", précise le président de l'Université. Jauge normale pour les travaux pratiques, mais masqués.

Les enseignants-chercheurs sont par ailleurs en cours d'équipement de matériel qui leur permet d'enregistrer les cours pour qu'ils soient podcastables par les étudiants. "En cela nous répondons, du même coup, à un souhait ancien des étudiants. Ils nous disaient qu'ils aimeraient bien revoir le cours dont ils avaient manqué quelques moments, faute de concentration. Le revoir aussi pour réviser", raconte Gilles Lajoie. Il se réjouit de prendre prendre le virage numérique "beaucoup plus vite que nous ne le pensions il y a quelques mois".

Ceux qui n'ont pas les moyens de s'acheter un ordinateur, pourront en emprunter un "comme un livre" auprès de la fac, assure Frédéric Miranville. L'université de la Réunion reçoit fort opportunément 1 million d'euros de Fonds FEDER, les fonds européens, attribués avant la crise du Covid.

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