Le jury du 73e festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai, sera présidé cette année par le réalisateur américain Spike Lee. À 62 ans, ce cinéaste phare de la cause noire a déjà présenté au total sept de ses films sur la Croisette, et a été récompensé du Grand prix en 2018 pour "BlackkKlansman".

En 2018, Spike Lee avait présenté son film "BlacKkKlansman : J'ai infiltré le Ku Klux Klan" et remportait la Palme d'or.
En 2018, Spike Lee avait présenté son film "BlacKkKlansman : J'ai infiltré le Ku Klux Klan" et remportait la Palme d'or. © Getty / Corbis / Stéphane Cardinale

Il n'a pas son poing dans sa poche, sa langue non plus. Quand les Oscars s’enferment dans une sélection très masculine et très blanche de peau, le Festival de Cannes s’engage pour la diversité : en mai prochain, c'est le réalisateur Spike Lee qui présidera le jury de la 73e édition, du 12 au 13 mai. 

"Spike Lee est le premier cinéaste venu de ce qu'il appelle lui-même la diaspora africaine, le premier cinéaste afro-américain à être président d'un jury d'un grand festival, pas seulement celui de Cannes", se félicite Thierry Frémaux, délégué général du festival. L'auteur de Jungle Fever et de Do the Right Thing ferai ainsi son retour sur la croisette, après avoir été récompensé du Grand prix en 2018, pour BlacKkKlansman : J'ai infiltré le Ku Klux Klan, mettant un terme à 22 ans d'absence. 

"Grande fierté" pour le festival de Cannes

"On est très contents et fiers parce qu'à travers sa carrière, son talent et sa personnalité, Spike Lee est un homme très engagé", souligne encore Thierry Frémaux. "Il incarne le cinéma afro-américain et il est celui qui a décidé de montrer qu'elle en était l'identité profonde", poursuit-il. 

"Tout au long de ma vie, explique le réalisateur américain dans une déclaration rendue publique mardi matin par le festival de Cannes, les événements heureux me sont arrivés de façon inopinée sans que je m’y attende. Quand on m’a appelé pour devenir président du jury de Cannes en 2020, je n’en suis pas revenu, j’étais à la fois heureux, surpris et fier".

"Cannes a eu un impact énorme sur ma carrière de cinéaste"

Spike Lee ajoute que Cannes a beaucoup compté pour lui : "À titre personnel, le Festival (outre le fait qu’il soit le plus grand festival de cinéma au monde – sans vouloir offenser qui que ce soit) a eu un impact énorme sur ma carrière de cinéaste. On pourrait même aller jusqu’à dire que Cannes a façonné ma trajectoire dans le cinéma mondial."

Spike Lee succèdera à Alejandro G. Iñárritu, dont le jury avait attribué, en 2019, la Palme d’or à Parasite du réalisateur coréen Bong Joon-ho. "Nous avons eu une conversation détaillée pour lui rappeler le protocole minimum à respecter", sourit Thierry Frémaux, à propos du caractère tempétueux du réalisateur. "Non pas qu'il n'en avait pas l'intention, il nous a d'ailleurs confirmé qu'il serait gentil comme tout, il termine d'ailleurs ses emails par 'Peace and love', donc tout commence très bien", conclut le délégué général du festival. 

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