Depuis quatre mois, il n'y a plus de session plénière à Strasbourg. Tous les travaux du Parlement européen sont organisés à Bruxelles. On croise sur le site une poignée d’élus, dont certains vivent en Belgique, mais l’essentiel de l’activité se fait à distance. Ce qui a impliqué, en urgence, une organisation nouvelle.

Une réunion préparatoire de la commission transports autour de la réponse à apporter au secteur du tourisme après la crise sanitaire.
Une réunion préparatoire de la commission transports autour de la réponse à apporter au secteur du tourisme après la crise sanitaire. © Radio France / Parlement européen

1. Le travail parlementaire n'a jamais cessé

Pour les députés européens, la crise sanitaire n'a pas vraiment marqué de pause. Malgré la pandémie au coronavirus, l’activité législative a été maintenue. Mais 90 % du travail parlementaire s'est fait à distance.

Depuis le mois de mars, le Parlement a organisé quatre sessions plénières, avec 89 textes votés en ligne. Pour Delphine Colard, la porte-parole adjointe du Parlement,  il était essentiel de voter les mesures d’urgence liées à la crise sanitaire.

Delphine Colard la porte-parole adjointe du parlement européen sur la "passerelle" du parlement de Bruxelles, un lieu de passage et de rencontres très actif en temps normal aujourd’hui désertée.
Delphine Colard la porte-parole adjointe du parlement européen sur la "passerelle" du parlement de Bruxelles, un lieu de passage et de rencontres très actif en temps normal aujourd’hui désertée. © Radio France / Angélique Bouin

"Tout cela s’est mis en place très vite, l’activité s’est arrêtée moins d’une semaine."

Progressivement, le travail a repris sur la plupart des autres textes législatifs en cours d’examen avant le début de la crise.

2. Des méthodes de travail réinventées

Depuis le mois de mars, le travail préparatoire dans les commissions parlementaires se déroule en visioconférence. Les quelques eurodéputés présents s’installent à bonne distance les uns des autres, devant les écrans qui leur permettent d’échanger avec leurs collègues éparpillés aux quatre coins de l’Union.

Le travail préparatoire dans les commissions parlementaires se déroule en visioconférence. Ici, la commission Transports, ici avec Thierry Breton.
Le travail préparatoire dans les commissions parlementaires se déroule en visioconférence. Ici, la commission Transports, ici avec Thierry Breton. / Parlement européen

Mais pour négocier un texte législatif, ce n’est pas aussi efficace que lorsque l’on est face-à-face, explique l’eurodéputé néerlandaise Sophie In’t Velt :

"En réunion, on peut chercher à capter le regard de quelqu’un pour se mettre d’accord sur une intervention ou échanger discrètement un point de vue. C’est un peu comme une arène, et ça, ça manque !"

L’examen de certains textes sensibles, comme celui sur les contenus terroristes en ligne, a donc été reporté. Sophie In’t Velt se réjouit néanmoins de la facilité avec laquelle l’administration et les élus se sont adaptés à ces nouvelles conditions de travail.

Il y a des parlements, ailleurs dans le monde, qui n’ont pas osé basculer en vote à distance, dit-elle en substance. Ce qui, estime-elle, est regrettable.

3. Une double complexité

Il y a la distance créée par les écrans, mais aussi la complexité des échanges dans les différentes langues de l'Union européenne. Car au Parlement, les élus doivent pouvoir négocier dans leur langue, utiliser les mots justes pour bien défendre les citoyens.

L’Italien David Sassoli, dont le pays a été le premier touché en Europe a décidé dès mars de la fermeture du bâtiment au public et annulé le déplacement des parlementaires à Strasbourg.
L’Italien David Sassoli, dont le pays a été le premier touché en Europe a décidé dès mars de la fermeture du bâtiment au public et annulé le déplacement des parlementaires à Strasbourg. / Parlement européen

Mais comment faire travailler les interprètes à distance ? L’administration du Parlement a trouvé dans l’urgence un logiciel lituanien qui permet de traduire simultanément en 8 langues des interventions en visioconférence qui réunissent jusqu’à 300 parlementaires.

Pour les sessions plénières, la traduction dans les 24 langues européennes a été maintenue.

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