On en connait peu sur les convictions, les valeurs et le logiciel de Jean Castex. Qu'a dit Jean Castex quand il a pris la parole ces derniers jours, ces derniers mois et ces dernières années ? Sur la laïcité, l'autorité, les territoires... Voici Jean Castex en quelques mots.

Jean Castex, dans son bureau, à Matignon.
Jean Castex, dans son bureau, à Matignon. © Maxppp / Nicolas Marques

Propulsé sur le devant de la scène avec sa nomination de premier ministre, Jean Castex a déjà accordé trois entretiens aux médias depuis qu'il occupe la fonction (TF1, JDD, RMC). Avant de devenir Premier ministre, quelques prises de paroles permettent de mieux cerner le personnage. Tour d'horizon de ses déclarations. 

Les mots employés par Jean Castex lors de son intervention sur TF1.
Les mots employés par Jean Castex lors de son intervention sur TF1.

"Gaulliste social"

Il l'a répété sur TF1, pour sa première interview télévisée et au JDD au moment de préciser sa méthode : Jean Castex est un gaulliste social. "C'est ce que je suis, ça correspond aux valeurs que j'ai toujours défendues dans mon action quotidienne, tout au long de mon parcours au service de l'État et comme élu local. Ce n'est pas une nostalgie, c'est la vision d'une France où la justice et la responsabilité sont au coeur du pacte républicain, une vision au contraire très moderne".

"Laïque"

Lors de sa première interview en tant que Premier ministre sur le plateau de TF1, Jean Castex a mis en avant ses valeurs et d'abord, "la responsabilité. C'est-à-dire dire que l'on ne peut pas tout attendre de l'État". Deuxième valeur forte aux yeux du nouveau locataire de Matignon, la laïcité : "Je ne peux pas admettre certains comportements, certaines déviances, certains replis sur soi, certains communautarismes." Troisième point, l'autorité, qui selon lui est "garante des libertés fondamentales." Bref, pour Jean Castex, ses valeurs sont simplement "les valeurs de la République".

"Libre" 

Interrogé par Jean-Jacques Bourdin (RMC-BFM) mercredi, le nouveau premier ministre avance les idées de liberté et d'authenticité. "J'étais collaborateur de Nicolas Sarkozy, fier de l'être", "je ne me renierai pas, (..) je suis d'abord un homme libre", a-t-il ajouté. Il faut "être et rester ce qu'on est", conclue-t-il. Un homme libre et qui dit "assumer" le choix de ses ministres, notamment Gérald Darmanin à l'Intérieur ou Éric Dupond-Moretti à la Justice, "un homme qui m'est apparu formidable", a-t-il lancé. 

Contre le "consensus mou"

Quelle sera la méthode Castex pour mener les réformes ? S'il a répété sur le plateau de TF1 croire au "dialogue social", le Premier ministre prévient dimanche 5 juillet dans une interview au Journal du Dimanche sur sa façon de faire : "un mélange de volontarisme et d'expérience, avec le souci de rassembler." "Mais attention, je ne crois pas au consensus mou. Le temps est à l'action". 

L'action et l'efficacité, terme employé à plusieurs reprises par le premier ministre mercredi 8 juillet, lors de sa première séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Devant des députés agités, il défend "un gouvernement de combat, un gouvernement tourné vers l'efficacité". 

Rigoureux

En 2015, Jean Castex est candidat (malheureux) à la présidence du conseil départemental des Pyrénées-Orientales. Il propose alors "un plan Marshall" pour son département, de 50 millions d'euros d'investissements publics dans l'économie. Pour financer ce plan, l'élu Les Républicains d'alors propose de faire des économies dans le fonctionnement de l'institution : "les dépenses de fonctionnement courant, de communication, les dépenses somptuaires, les dépenses de cabinet du conseil départemental.

"Préoccupé par la sécurité publique"

C'est dans un commissariat de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) que le nouveau premier ministre a effectué son deuxième déplacement dimanche, en compagnie du préfet de police de Paris Didier Lallement. Une visite surprise, "symbolique", dans un contexte de protestations contre les violences policières, au cours de laquelle Jean Castex a précisé être venu "montrer le soutien du gouvernement de la République. Je sais que vous attendez de nous des actes. Ils viendront. Vous attendez de nous de la reconnaissance et du soutien. Ils seront sans faille", a-t-il souligné devant les policiers. Le Premier ministre a ajouté : "les questions de sécurité publique sont parmi mes toutes premières préoccupations".

"Maire"

En 2008, après son passage au ministère du Travail, Jean Castex se présente à la mairie de Prades (Pyrénées-Orientales) et remporte le scrutin. "Je découvre le ravissement de cette fonction. Quand une loi est votée, il faut beaucoup de temps pour que cela change la vie des gens. Les décisions d'un maire ont des effets plus immédiats", évoquait-il alors au magazine économique L'Usine Nouvelle. "Cela fait beaucoup de bien de s’occuper de trottoirs, de stations d’épuration ou de bouches d’égouts lorsque l’on travaille dans les cabinets ou les grandes administration", confiait à l'époque à Libération celui qui a atteint aujourd'hui les plus hautes sphères du pouvoir.   

"Enraciné"

Jean Castex sera largement réélu maire de Prades en 2014 et en 2020. "Je suis un homme politique enraciné dans mon territoire, je suis un homme politique local, je suis un homme politique de la vie quotidienne des gens et cela me rend très fier", a-t-il assuré vendredi lors de son entretien télévisé au 20 heures de TF1, avant d'ajouter "je souhaite (...) ouvrir des discussions avec les partenaires sociaux dans les territoires (...) Tout ne peut pas se décider depuis Paris. Je crois aux territoires." 

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