Ce dimanche a lieu à Barcelone la première manifestation anti-indépendantiste catalane après la vague d'émeutes et de violences suscitée par la condamnation de plusieurs leaders séparatistes catalans à des peines de prison, il y a une dizaine de jours. Samedi, ce sont les indépendantistes qui défilaient.

Samedi, les indépendantistes ont défilé dans les rues de Barcelone pour une Catalogne indépendante
Samedi, les indépendantistes ont défilé dans les rues de Barcelone pour une Catalogne indépendante © AFP / LLUIS GENE

"C'est un message important pour la Catalogne, l'Espagne et le monde, où l'on confond souvent l'indépendantime et la Catalogne, alors que nous sommes la majorité" : le président de l'association Societat civil catalana, Fernando Sanchez Costa, a appelé les partisans d'une Catalogne espagnole a manifester, ce dimanche, à Barcelone. 

Les anti-indépendantistes vont manifester sur le Paseo de Gracia, un boulevard chic de Barcelone, et espèrent renouveler le succès de la marche organisée en 2017 peu après la tentative de sécession des indépendantistes, quand plus d'un million de personnes avaient manifesté contre l'indépendance

Dans les rangs de la manifestation, il y aura des membres du gouvernement socialiste, dont le ministre des Affaires étrangères espagnol, le Catalan Josep Borrell, mais aussi Manuel Valls, conseiller municipal à Barcelone depuis les dernières élections municipales. 

Les violences apaisées mais toujours une forte tension

Samedi en fin de journée, les rues de Barcelone étaient plutôt le théâtre de la mobilisation des indépendantistes, à l'appel des associations Assemblée nationale et Omnium cultural, organisatrices de la plupart des rassemblements. Selon la police municipale, 350 000 personnes étaient rassemblées dans les rues, et le rassemblement s'est déroulé dans le calme. 

Mais les partisans des Comités de défense de la république (CRD), plus radicaux, avaient aussi appelé à la mobilisation en soirée, faisant craindre de nouveaux affrontements. Les policiers anti-émeutes ont chargé ces manifestants, rassemblés près de l'hôtel de police. 

Bien que la tension soit retombée, la Catalogne reste marquée par la semaine d'émeutes qui a fait rage entre le 14 et le 20 octobre, après l'annonce de la condamnation à des peines de prison de neuf leaders séparatistes. 

Le soir même, 10 000 personnes avaient tenté de bloquer l'aéroport de Barcelone, ce qui a donné lieu à des affrontements avec la police. Les jours suivant, les principales villes de la région avaient été touchées pardes jets de pavés, de cocktails molotov devant des barricades. Au total, 367 civils et 289 policiers ont été blessés. Quatre manifestants ont perdu un oeil. 

Situation politique houleuse

La confusion a été entretenue par le président catalan Quim Torra, qui a mis du temps à condamner les émeutes et ne s'est pas rendu au chevet des policiers - alors que le conseiller à l'Intérieur Miquel Buch a tenté de défendre l'action de la police. Par ailleurs, le camp indépendantiste est divisé quant à l'annonce de Torra d'un nouveau référendum avant la fin de sa mandature. 

A Madrid, le chef du gouvernement Pedro Sanchez a dit croire "que le gouvernement fait ce qu'il doit faire (...) Il y a des groupes violents qui cherchent à faire de cette crise une crise permanente, mais ils rencontreront une réponse sereine mais ferme". Jusqu'à présent, il a refusé le "dialogue sans condition" proposé par le président catalan à quelques semaines des nouvelles élections législatives organisées le 10 novembre. 

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