Alors que le gouvernement incite les collectivités à pérenniser les pistes cyclables temporaires, installées lors du déconfinement, plusieurs maires ont demandé et obtenu le retrait de ces "coronapistes", qu'ils jugent dangereuses ou mal réalisées.

Un vélo emprunte la coronapiste à Saint-Mandé, le long du « vélopolitain » qui longe la ligne 1 du métro parisien, pour éviter d’engorger les transports en commun durant l'épidémie de Covid-19
Un vélo emprunte la coronapiste à Saint-Mandé, le long du « vélopolitain » qui longe la ligne 1 du métro parisien, pour éviter d’engorger les transports en commun durant l'épidémie de Covid-19 © Radio France / Aurélien Accart

Besançon, Saint-Étienne, Argenteuil, Quimper, Marseille ou Aix-en-Provence. Ces villes ont un point commun : elles ont vu naître et disparaître une "coronapiste" en quelques jours. Pourtant, le 10 juillet dernier, Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué aux Transports, a lancé un appel à projets pour pérenniser certaines de ces pistes cyclables créées à la sortie du confinement après la crise du Covid-19.

Aujourd'hui, plus de 500 km de pistes provisoires ont été recensées, selon le ministère. L'État propose de soutenir les collectivités pour développer des itinéraires cyclables en leur accordant une subvention, qui peut aller jusqu'à 60% du montant des travaux. Pourtant, certaines communes demandent désormais le retrait de ces pistes.

En Seine-Saint-Denis, la maire de Drancy, Aude Lagarde (UDI), a même lancé une pétition sur les réseaux sociaux pour demander le retrait "immédiat" de la coronapiste qui longe l'avenue Stalingrad, sur l'ex N186, l'une des principales artères de la ville. Le texte a déjà recueilli plus de 2.000 signatures. "Je suis ne suis pas contre les pistes cyclables, mais sur ce tronçon on ne peut pas maintenir les choses en l'état", explique l'élue. Une des deux voies est désormais entièrement dédiée aux vélos. Résultat : "les voitures mettent plus de 30 minutes pour faire 600 mètres, ça créé des embouteillages, les gens s'énervent, les automobilistes prennent cette piste", détaille-t-elle. Aude Lagarde demande au conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, qui a déployé cette piste, de la supprimer.

Pour Franck-Olivier Torro, porte-parole du collectif Ras Le Scoot, les collectivités doivent au contraire pérenniser au plus vite ces pistes temporaires : "Il y a des gens qui se sont mis au vélo grâce à ces pistes, mais ils ne sentent pas encore totalement en sécurité parce qu'elles ne sont pas encore aménagées pour de bon". Pas question de les décourager. Quant aux élus qui suppriment ces pistes, il est très clair : "À un moment donné on ne peut pas se dire que tout le monde va être d'accord : si on impose rien, il ne se passera rien."

"Il faut que les mairies fassent preuve de courage politique"

Le vélo, enjeu politique

Jongler entre la colère de certaines maires et les attentes des associations de défense du vélo, voilà un exercice délicat pour le président du conseil départemental du 93, encore plus à quelques mois des élections départementales. Pourtant, Stéphane Troussel (PS), assume : "Je suis prêt à ce que cette question des mobilités soit un enjeu lors des prochaines élections départementales, car oui, nous allons poursuivre l'aménagement de nos villes, non pas contre les automobilistes mais pour réduire la place de l'automobile car on sait à quel point elle est responsable de la pollution".

Le président du conseil départemental a envoyé un courrier aux maires de sept communes pour leur annoncer des ajustements immédiats sur les coronapistes qui traversent leur territoire. Un comité d'évaluation des autres pistes sera organisé le 1er octobre. Le département maintient son grand Plan Vélo qui prévoit de rendre 100% de ses routes cyclables, d'ici 2024. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.