Ils sont un certain nombre de "flics" retraités ou d’anciens enquêteurs à prendre la plume, à créer des fictions, des thrillers. Ils sont beaucoup moins nombreux à continuer leur activité à la tête d'un service de police, en parallèle de leur métier d'écrivain.

Rencontre avec quatre flics-écrivains qui réussissent à diriger des services de police et à écrire des polars.
Rencontre avec quatre flics-écrivains qui réussissent à diriger des services de police et à écrire des polars. © Getty / bunhill

Emmanuel Leclère a rencontré quatre commissaires novices ou confirmés en écriture de romans : l'un des nouveaux chefs de la sécurité d'Emmanuel Macron, le patron de la Brigade de Recherche et d'Intervention du "36", l'actuel patron du bureau de la coopération policière à Madrid, et enfin le commissaire Lenglet à Lyon, qui publie dans quelques jours un nouveau polar, mais cette fois coécrit avec son épouse qui vient elle-même, à 50 ans, de faire son entrée à l'école de police.

Comment passe-t-on de la supervision d'un procès-verbal, de la constitution d'une équipe d'enquêteurs, de la conduite d'enquêtes complexes, de l'élaboration d'opérations spéciales de protection rapprochée du Président de la République… à l'écriture d'une fiction policière ? Comment trouve-ton le temps, quand on a déjà une activité professionnelle particulièrement prenante ? Comment et pourquoi des "patrons flics" plongent-ils dans l’écriture pour donner vie à des personnages et inventer des intrigues, débranchant pour replonger dans les méandres des affaires ? À en croire les auteurs, leur vocation est née, selon les cas, au hasard de rencontres, de la frustration d'enquêtes inachevées, de l’envie de partager des histoires à dormir debout menaçant sans cela de finir dans l'oubli général, autrement dit, les archives d’un ordinateur ou l’étagère d'un palais de justice. Rencontre avec ces quatre flics-écrivains. 

Le commissaire Lenglet ne cite pas sa femme comme Colombo, mais il écrit désormais avec elle 

Alfred Lenglet est historien de formation, en poste à l'école des commissaires de Saint-Cyr-au-Mont d'Or, près de Lyon. Il a déjà publié onze romans, dont les quatre derniers chez Calman-Levy. Mais cette fois, il vient de co-écrire avec son épouse Nathalie qui, à 50 ans, a réussi le concours pour rentrer dans la police comme personnel administratif. Elle a fait son entrée "à l'école la semaine dernière". "Mon épouse était jusque-là la première lectrice de mes romans", explique le commissaire. Mais très vite, "elle a apporté une fantaisie à mon écriture plus académique, c'était vraiment une belle aventure. On a réussi je crois un thriller très équilibré, c'est une petite histoire mais on devrait accrocher le lecteur pour ne plus le lâcher jusqu'au bout...".  "TKT ça va le faire" est l’histoire d'un couple en apparence sans histoires dans le Val-de-Saône, mais avec une ex-maîtresse et un crime qui se prépare sur fond d'escroquerie. Le polar sortira dans quelques jours, le 13 janvier 2020.

Au départ, le commissaire lyonnais voulait surtout assouvir sa passion pour l'histoire. Il a donc d'abord écrit des romans de "terroir" comme il dit ; et puis il y a eu des rencontres improbables, qui l'ont amené à se lancer dans des "polars de flics" avec des histoires très contemporaines.   

"Je n'écris jamais au boulot", jure-t-il. Mais "j'ai été chef du service de nuit à Lyon durant plusieurs années et pendant mes jours de repos, quand j'avais l'énergie suffisante, c'était mon plaisir, mon loisir d'écrire, dans le jardin l'été ou comme en ce moment en hiver près de la cheminée. Je le fais à l'ancienne, j'ai mon stylo-plume et une petite pochette, ça peut-être aussi dans le train, ça peut-être en vacances."

Le commissaire lyonnais confie ne pas avoir eu beaucoup de retours de collègues depuis ses débuts d'auteurs en 2002. Mais il en a eu venant de toute la chaîne hiérarchique par contre : du gardien de la paix à des préfets, enthousiastes. "Je suis tombé aussi sur certains collègues qui ne comprenaient pas que l'on puisse écrire en étant flic et puis malheureusement aussi parfois, pas mal d'indifférence alors que je fais vraiment en sorte que mes écrits valorisent l'image du policier.

Le patron du bureau de liaison policière à Madrid pensait avoir un peu plus de temps, la nuit, pour écrire : c'est raté

Jean-Marc Souvira est le plus expérimenté des quatre auteurs de polars à la tête de services de police que nous avons rencontrés ces dernières semaines. L'ancien commissaire de la brigade des mineurs à Paris,  ancien coordinateur de services centraux de police judiciaire, ex-patron de l'office central de répression de la grande délinquance financière, a commencé sa carrière d'auteur par quelques pages en 2010 : une histoire devenue synopsis du film "Go fast" avec Roshdy Zem. De fil en aiguille, il s’est mis à conjuguer deux carrières, deux activités, et deux temps distincts dans sa vie quotidienne. Il y a quelques années Jean-Marc Souvira a eu droit à une réflexion sur le mode "Alors, tu écris au boulot ?" d’un collègue pointant sa prolixité. Il dit avoir répondu : "Pourquoi ? Tu aurais le temps toi de le faire ? C’est que tu ne fous rien alors."

Comment en êtes-vous venu à écrire ? "J'avais envie de raconter ce genre d'histoires de poursuites, de trafiquants de drogue sur les autoroutes, avec des grosses cylindrées, qui me passionnaient. Je connaissais les gars. Ça m'a donné ensuite vraiment envie d'écrire avec plus d'ampleur qu'un scénario de cinéma. Je me suis alors totalement laissé aller avec un premier roman, "Le magicien". Pour la petite histoire, j'avais aussi la chance de connaître l'agent à Paris, qui est une dame très âgée aujourd'hui, de maîtres du polar dont James Ellroy et Michael Connelly. Elle m'offrait régulièrement leurs livres et quand les auteurs venaient à Paris, on avait à chaque fois un dîner, c'était assez extraordinaire ! Et puis à l'un de ces dîners, un éditeur m'a demandé ce que je faisais : commissaire, spécialiste de la criminalité organisée, et puis "Go Fast" et ce projet d'écriture "Le magicien". Il m'a demandé s'il pouvait lire les premières pages, il m'a rappelé pour boire une bière et voilà comment a commencé l'aventure. J'ai envoyé un premier manuscrit de 250 pages."

Jean-Marc Souvira explique lui aussi ne pas avoir une minute quand il est au travail. Il s’est donc mis à écrire la nuit, entre 23 heures et deux heures du matin, à y penser lors de trajets en voiture. Et quand il ne conduit pas, il s'est découvert une capacité à débrancher très vite pour se plonger dans l'écriture et une faculté à retrouver très vite ses personnages. "J'ai un petit carnet en permanence sur moi, je note des mots-clefs ; et puis j'ai aussi un grand carnet ou je ne fais pas de plan mais où je note des impressions, des traits de caractère pour un futur personnage que je n'utiliserai peut être pas, mais j'ai besoin d'être dans les mots, dans les personnages du roman.

Écrire un roman, ça s'apprend comment ?  "Avec plusieurs collègues écrivains flics, on a le souci d'écrire sans fautes d'orthographe parce qu'on le fait déjà au quotidien pour des courriers administratifs, tout est normé, et au début ça a surpris mes éditeurs. Pour "Le magicien", ils m'ont juste demandé de couper le manuscrit en deux parties parce qu'il y avait un véritable changement de rythme, un basculement dans l'histoire. Mais c'est tout... Je les ai fait beaucoup rire par la suite car je suis allé sur un site internet pour voir comment on écrit un roman. Mais c'était vraiment trop contraignant, trop de règles pour moi ! Je sais en général comment mon histoire va finir. Au départ et au milieu c'est un gros magma, mais ce sont mes personnages qui vont se définir et écrire l'histoire. Je suis en phase avec mes personnages, on se retrouve la nuit, je les imagine physiquement, vraiment, je les vois. Quand j'écris, je finis par ne plus regarder mon clavier, j'ai l'impression d'avoir la scène devant les yeux."  

Y compris lors des scènes de crime, comme lors de votre dernier ouvrage avec deux jeunes albinos décapités pour des rites vaudous ? "Ah oui, je visualise tout. Je vois un film de mon roman et la bande son musicale aussi, des morceaux que je vais citer, du jazz, beaucoup de guitare. C'est une très forte concentration, parfois durant plusieurs heures et ça finit par s'arrêter parce que c'est épuisant, parce qu'on est figé."

Aujourd'hui, avec l'expérience accumulée et surtout un poste détaché à Madrid, avez-vous plus de temps pour vous consacrer aux romans que lorsque vous étiez à la tête d'un office central de police judiciaire en France ? "Je le croyais... Mais en fait non. L'Espagne, c'est le premier poste en matière de coopération policière au monde : plus de 20 agents au total, anti terrorisme, stups, criminalité en général, immigration illégale. J'ai des antennes à Barcelone, en Andorre, Madrid, Alicante, Malaga, Algésiras etc. Elles produisent beaucoup, je suis en visio-conférence quotidiennement ou tous les deux jours avec ces antennes.  Et puis il y a l'accueil de personnalités, avec des visites dans les grandes institutions espagnoles et européennes en lien avec la sécurité. Enfin les soirées diplomatiques. Et en Espagne, ça commence plus tard qu'en France, donc à l'heure où j'écrivais, je n'ai pas fini la part diplomatique de mon travail. Je rentre à une heure du matin donc je lis mais je n'écris pas. Mon éditeur comprend ça, que je ne peux pas fournir un roman par an. J'essaye d'en écrire un tous les deux ans ; ce qui n'empêche que je suis quand même en train d'en écrire un nouveau en ce moment, en trois actes. Je lui ai livré la première partie en 200 pages et il a, je crois, adoré. La deuxième partie fera un saut dans le temps avec à la base une histoire vraie et le troisième reviendra dans le présent pour rebattre les cartes et les remettre d’équerre. J'ai par contre abandonné Ludovic Mistral, l’enquêteur et personnage principal de ma précédente trilogie."

Une histoire avec des influences espagnoles ? "Ah non, je prends des notes, les liens sont souvent indirects entre mon activité quotidienne et mon écriture nocturne. Hier soir, par exemple après des discussions lors d'un dîner à Madrid avant de rentrer à Paris le lendemain pour mes congés de Noël, je suis arrivé chez moi (tard donc...) et là, d'un seul coup je me suis dit que j'avais des pistes pour mes personnages alors que ça n'avait rien à voir avec mon dîner. Je me suis juste mis à penser à mon personnage principal et il fallait que je fixe absolument mes idées. J'ai pris mon carnet et c'est parti. Je me suis dit que ça allait me prendre cinq minutes mais c'est arrivé en cascade : ah tiens il y a ça et puis peut être ça et si et si... J'ai fini un peu avant trois heures du matin."          

Faire revivre autrement de pures histoires de PJ et de grand banditisme

Christophe Molmy a lui aussi son lectorat depuis quelques années. L'actuel chef de la Brigade de recherche et d'intervention de Paris s'est rendu au Bataclan en novembre 2015 où il a dirigé l'assaut pour libérer les derniers otages des terroristes de Daesh. Le commissaire Molmy dirige les forces spéciales de la police judiciaire parisienne dont les troupes sont restées dans les anciens locaux du 36 quai des orfèvres, dans le centre de la capitale, alors que les autres grands services de la PJ sont aujourd'hui au "36" rue du Bastion, aux Batignolles, dans le 17e arrondissement. Une unité qui ne sait pas si elle sera maintenue en l'état. Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a proposé dans un rapport un rattachement au moins en partie au RAID, ce qui a provoqué certains remous en interne ces derniers mois. Mais pour ses intrigues, le commissaire n'évoque ni  le terrorisme ni l'actualité de son service. Il puise toutefois dans une partie de son quotidien et de celui des agents sur le terrain : le milieu du grand banditisme de la capitale et de sa proche banlieue, les tueurs en série. 

Il est lui aussi un grand "accro" à l'écriture. Il vient de transmettre à son éditeur la dernière version de son prochain livre qui sortira au printemps, juste avant le salon Quais du polar à Lyon du 3 au 5 avril 2020. Son premier opus lui avait pris beaucoup de temps : "C'était un peu hors sol, sur plusieurs années" mais depuis, il a trouvé un rythme de croisière. Tous les deux ans, une nouvelle histoire. Le prochain sera son troisième polar et il s'appellera "Après la nuit". Mais il faudra attendre encore un peu pour connaître le synopsis...  

"Il y a plein d'auteurs qui écrivent à côté de leur boulot, qui s'organisent. C'est vrai que ça prend bien plus de temps que ceux qui font çà à temps plein. Moi j'écris quand ça me prend, un peu le soir, le week-end, parfois le midi sur la pause déjeuner. Des jours ce sera dix minutes, et des fois la moitié de la nuit. Quand ça ne vient pas, je n'insiste pas. Par contre, j'ai discuté avec d'autres auteurs, certains commencent et voient où ça les mène. Moi j'ai toujours la fin en tête, c'est elle qui me guide avec des chapitres bien séparés qui me permettent d'arrêter et de m'y replonger le mois suivant.

Parce que cela vous arrive évidemment de devoir arrêter à cause du boulot ? "Absolument. Mais par contre, il ne faut jamais lâcher le roman, en tout cas le chapitre en cours, y penser dès que l'on peut. Dans les embouteillages, sous la douche, une phrase sur laquelle on a buté... J'écris beaucoup sur une première version et après je retaille. Pour mes personnages, je n'incarne personne à quelques exceptions près, encore moins les voyous."

"Ce n'est pas la peine de lire mes bouquins en se demandant qui est qui... Je n'ai pas de comptes à régler avec certains - surtout pas des flics - dans mes livres."

"Ce ne sont pas les personnages qui m'intéressent le plus, mais l'histoire. Je cherche à ce que tout soit ultra réaliste. J'ai lu des supers polars servis par des styles très, très bons, je les ai lus avec beaucoup de plaisir, c'était très agréable mais quand on regarde vraiment l'histoire avec un peu de recul en fait, c'était n'importe quoi ! J'essaye de créer des histoires qui soient les plus réalistes possibles. Il y a dans ce métier quelque chose sur quoi on met le doigt et qui est vieux comme le monde et qui me guide : l'ambivalence des personnages. Il n'y a pas les gentils flics d'un côté et les méchants voyous de l'autre, les bons et les méchants. En réalité, tout est gris. Pour autant, je ne suis pas intéressé par le profil du flic cocaïnomane ou alcoolique, dépressif. Ce qui m'intéresse et parfois chez les voyous, les tueurs en série comme dans mon deuxième livre, c'est de voir quel est la part d'humanité et de noir dans tout ça. Je me rappelle avoir dû suivre des voyous, des vrais méchants, qui mettaient un point d'honneur à amener leur gamin à l'école le matin, qui avait une partie de leur vie bien rangée avec leur épouse. Il y a vraiment un truc très étrange dans tout ça et c'est ça qui m'interpelle. Il y a très peu de types qui sont en fait totalement glaçants. Souvent, les escrocs, les voleurs restent en grande partie des pères, des fils. Et c'est ça qui est parfois gênant, troublant. Ils ont une morale élastique, mais ce sont souvent des pros et ils considèrent qu'ils font ça comme un travail et le reste du temps ils s'occupent de leur famille." 

"Je m'inspire directement des enquêtes auxquelles j'ai participé ou celles dont on m'a parlé. Il n'y a rien d'improbable dans ce que j'écris. J’explore dans mon nouveau livre les relations des flics avec les indicateurs, les tontons, ces relations où il faut surtout réussir à ne pas se perdre..."

Christophe Molmy laisse entendre qu'il n'a pas si souvent de retours au bureau sur ses écrits. La raison probable ? Récemment, l'un de ses collègues commissaires reconnaissait qu'après des journées plus que bien remplies, se replonger dans la lecture d’histoires de flics ne lui disait rien...

Les calepins de l'un des nouveaux chefs de la sécurité d'Emmanuel Macron

Georges Salinas n'est autre que l'ancien adjoint de Christophe Molmy à la BRI parisienne. Lui aussi a coordonné l'assaut du Bataclan pour sauver des otages, il était dans la colonne derrière ses hommes et le bouclier pare-balles.

Le commissaire Salinas est par la suite devenu l'un des patrons du dispositif de protection rapprochée autour du président de la République, à la suite de l'affaire Benalla. Il était par exemple ces derniers jours du voyage en Côte d'Ivoire. Au début de l'année 2019, il a enfin pu publier son premier roman inspiré de l'histoire de son père, policier de ce que l'on appelait à l'époque "l'anti terrorisme" en Algérie, où Georges Salinas est né avant d'être rapatrié avec le reste de sa famille. Et il en rédige actuellement un deuxième. Il ne cache pas que côtoyer son ancien collègue Christophe Molmy lui a donné évidemment l'envie d'écrire à son tour. Mais la voie littéraire empruntée n'est pas la même. Il a donc choisi l'Algérie pour ses débuts : "J'ai dû faire un gros travail de documentation sans aller là-bas pour retrouver le noms des rues avant l'indépendance, sur des faits historiques, j'ai rencontré des anciens qui ont vécu à Oran, un grand professeur d'histoire... J'ai écrit dès que je le pouvais, le soir quand je n'étais pas trop fatigué, le weekend avec de longues pauses à cause du boulot."

Quand avez-vous commencé à écrire ? "C'était après le Bataclan. J'ai commencé à écrire dans les mois qui ont suivi. L'écriture m'a permis en fait de me sortir un peu de mon métier, une forme de libération par rapport à ce que l'on avait vécu. Il y avait aussi des choses que j'avais ressenties et que j'avais envie de retranscrire, au travers également de ce que m'avait raconté mon père qui était policier pendant la guerre d'Algérie. Et il était dans "l'anti-terrorisme". Je me suis rappelé ce qu'il m'avait raconté, son ressenti. Ce qu'avait dû supporter la famille aussi... J'étais un jeune adolescent, ce sont des choses dont on se souvient. J'ai ressenti à mon tour avec les attentats à Paris cette douleur, cette horreur, ce que peuvent endurer aussi les familles dans ces moments-là."

Aujourd'hui, Georges Salinas a décidé d'écrire à nouveau en intégrant la dimension terroriste mais "ce n'est pas une autobiographie, en aucune façon. Ce sera vraiment un roman, j'en suis au trois quarts, ça reprend l'un des personnages, héros de mon premier livre et on continue l'histoire."

Comme Jean-Marc Souvira, Georges Salinas a un petit carnet sur lui, ou à défaut son téléphone portable, et prend des notes dès qu'il a un moment, y compris dans un avion présidentiel, pour une histoire en cours ou à venir peut-être. "Il faut pouvoir s'inspirer d'anecdotes, créer du suspense, des éléments de vie, sinon c'est fade ! Il faut aussi pouvoir donner à ses héros différentes facettes, rigolotes, tristes, mauvaises parfois, tout n'est évidemment pas toujours très rose. Je cherche à détecter et emmagasiner des traits de caractère de gens que j'ai rencontrés au fil des ans. Je change évidemment les noms mais certaines personnes m'ont appelé pour me dire qu'elles s'étaient reconnues dans mon premier livre et que ça leur avait fait plaisir...  J'ai toujours voulu être sur le terrain au maximum, au plus près de mes gars, ça me semble essentiel. On vit des moments hors normes. Le flic est au 'centre des choses', ce n'est pas moi qui le dis, c'est Albert Camus qui l'écrit. Il peut aller vers le très bas comme il peut monter vers le très haut."

"Il y a vingt ans, j'étais en jeans basket, en planque dans un "soum", un véhicule de surveillance à la Courneuve, dans une cité, et aujourd'hui je protège le président en costume et je rentre dans des palais."

"Je crois qu'il faut juste avoir le recul nécessaire et rester conscient qu'on est des flics, qu'on doit rester des flics quelle que soit la situation." À noter que Georges Salinas est soumis au secret défense... "L'avantage avec l'écriture, c'est que je peux me lâcher avec un mélange de personnages qui m'ont inspiré. Pour l'instant, j'ai souvent pris deux ou trois personnes côtoyées par le passé pour en faire un seul personnage. Et puis certains personnages, je les invente aussi !"

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