Ces lieux interdits, où prendre des clichés féériques, avec la tour Eiffel ou les catacombes en arrière-plan, il faut bien connaître la capitale pour les dénicher. La photographe Ange Provost a accepté de nous en dévoiler quelques-uns. Elle nous dit tout de son petit Paris caché.

Ange Provost est photographe professionnelle depuis mars 2018. Elle nous a révélé quatre lieux de shooting interdits dans Paris.
Ange Provost est photographe professionnelle depuis mars 2018. Elle nous a révélé quatre lieux de shooting interdits dans Paris. © Radio France / Ange Provost

Elle s'appelle Angélique Provost, Ange pour ses 19 000 abonnés sur Instagram. La photographe enregistre une forte hausse de demandes de séances photos dans des lieux interdits depuis le début de la crise sanitaire. Quels sont ces endroits qui font tant rêver ses clients ? Nous l'avons suivie pendant une journée pour le découvrir. Elle nous dévoile tout ce qu'il faut savoir avant d'y accéder.

1. Les catacombes interdites de Paris

Près de 300 kilomètres de galeries serpentent sous Paris. Une infime partie d'entre elles sont visitables. Ces catacombes sont interdites au public pour des raisons de sécurité. Mais les "cataphiles", passionnés par les dédales de ces anciennes carrières de calcaire datant de l'époque gallo-romaine, y crapahutent encore.

L'accès aux catacombes interdites de Paris est illégal et peut s'avérer dangereux. Il ne faut jamais y descendre seul.
L'accès aux catacombes interdites de Paris est illégal et peut s'avérer dangereux. Il ne faut jamais y descendre seul. © Radio France / Ange Provost

Difficulté d'accès : "Mieux vaut connaître un 'cataphile' et plusieurs entrées. Les plaques d'égout sont régulièrement scellées par la Ville. Il faut aussi pouvoir les soulever. Elles sont très lourdes !"

Danger : "Dans les galeries, tout se ressemble. Il ne faut jamais descendre seul, sans lampe et encore moins sans plan. Plusieurs dédales sont aussi inondés, parfois jusqu'à la taille."

Petit plus fascinant : "C'est une petite ville en-dessous de Paris. Les murs de pierres ont des siècles. J'ai toujours l'impression d'être dans un sanctuaire. Un lieu de patrimoine, qu'on doit d'ailleurs avant tout respecter quand on descend."

Contrainte photo : "Il n'y aucune lumière naturelle. Pour créer une belle ambiance sur l'image, j'éclaire souvent la salle à la bougie."

2. Les toits du VIIe arrondissement

De nombreuses chambres de bonnes parisiennes ont été construites dans les années 1830. Situées sous les mansardes, ses pièces exigües offrent un accès facile aux toits. Autrefois, elles permettaient de loger les domestiques de familles argentées. Aujourd'hui, elles sont généralement louées par des étudiants aux revenus modestes.

On accède souvent aux toits de Paris à l'étage des chambres de bonnes, avec la complicité d'un voisin.
On accède souvent aux toits de Paris à l'étage des chambres de bonnes, avec la complicité d'un voisin. © Radio France / Ange Provost

Difficulté d'accès : "Les copropriétés ne sont pas friandes des locataires qui grimpent sur les toits. Il faut être discret, bien choisir son moment et connaître quelqu'un qui a un accès via une lucarne non cadenassée."

Danger : "Les toits peuvent être glissants et étroits. Ces séances photos exigent une vigilance constante."

Petit plus fascinant : "Au loin, on distingue des appartements dingues avec des baies vitrées, voire des terrasses. Chaque fois, malgré la bise et le froid, j'ai l'impression d'être plus privilégiée que ceux qui habitent en face. On surplombe tout Paris depuis un toit. "

Contrainte photo : "Les clients savent que le décor sera vertigineux. Mais, ils n'arrivent pas toujours à surmonter leur peur du vide."

3. Le souterrain du canal Saint-Martin 

Le canal Saint-Martin s'étend sur près de cinq kilomètres dans le Xe et le XIe arrondissements de Paris. Construit au XIXe siècle à la demande du roi Louis XVIII, il permettait à l'époque l'approvisionnement de la capitale en marchandises.

La faible luminosité du souterrain du canal Saint Martin donne aux clichés une teinte surnaturelle.
La faible luminosité du souterrain du canal Saint Martin donne aux clichés une teinte surnaturelle. © Radio France / Ange Provost

Difficulté d'accès : "L'entrée du souterrain est dissimulée sur un quai privé fermé, où sont amarrées des péniches." 

Danger : "L'accès au lieu est scellé. Pour ouvrir la porte coupe-feu depuis l'intérieur, on est forcé d'escalader et de passer dans un conduit étroit."

Petit plus fascinant : "J'ai l'impression de longer le Styx, le fleuve des enfers ! Les loupiotes incrustées sur les murs en pierres et la Seine, qui déborde, donnent au lieu un aspect surnaturel."

Contrainte photo : "Le quai de halage est très serré. Il est également clairsemé de panneaux signalant le danger. Difficile de prendre une image qui reflète la profondeur du lieu sans en avoir un dans un coin du tableau."

4. Les rails désaffectés de la Petite Ceinture

Les voies ferrées de la Petite Ceinture s'étendent sur 32 kilomètres. Elles entourent Paris et révolutionnent la mobilité dans la capitale, avant d'être délaissées après la construction des premiers métros. La liaison ferroviaire est fermée aux usagers en 1934.

Les rails désaffectés de la petite ceinture sont partiellement accessibles au public.
Les rails désaffectés de la petite ceinture sont partiellement accessibles au public. © Radio France / Ange Provost

Difficulté d'accès : "Le lieu est en principe connu des Parisiens, plus rarement des touristes."

Danger : "On est forcé de s'éloigner un peu de la partie autorisée au public et d'escalader une grille pour obtenir une vue dégagée des immeubles environnants."

Petit plus fascinant : "La nature reprend ses droits sur les rails. Idéal pour prendre des photos poétiques."

Contrainte photo : "Artistiquement, on a vite fait le tour. Il y a peu d'espace, des rails en plein milieu et des feuilles mortes qui tombent. Ça demande un peu d'imagination de prendre un cliché original."

* S'introduire dans un lieu public interdit d'accès est illégal. Les récalcitrants encourent des amendes, voire une peine de prison en cas de poursuites judiciaires. 

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