Gainsbourg meurt un 2 mars 1991, le jour anniversaire d’Alain Chamfort. Le chanteur n’est pas près d’oublier leur collaboration. Il évoque leur rencontre au micro de Vincent Josse…

Alain Chamfort, Jane Birkin et Serge Gainsbourg,  12, avril 1978.
Alain Chamfort, Jane Birkin et Serge Gainsbourg, 12, avril 1978. © Getty / Alain Mingam

Serge Gainsbourg et Alain, une alchimie immédiate

Au milieu des années 70, Alain Chamfort ressent le besoin d’amorcer un virage musical. Il quitte le label Flèche (L’écurie de Claude François)  pour rejoindre le label CBS. C’est là qu’il décide de solliciter Serge Gainsbourg, compositeur dont le talent l’impressionne.  Gainsbourg, accepte l’invitation. Cela donnera Rock’n rose : toute première collaboration avec Gainsbourg.  Suivront deux autres disques, Poses en 1979 (avec l’inoubliable Manureva enregistré à Los Angeles) et Amour année Zéro en 1981. 

Le Clip de Manureva (1981) La chanson évoque la disparition du navigateur Alain Colas 

Lorsque je rencontre Serge Gainsbourg, j’aime tout de son œuvre, je suis très impressionné par sa capacité de renouvellement.

Alain Chamfort se souvient : « Notre rencontre est avant tout musicale. Lorsque je rencontre Serge Gainsbourg, j’aime tout de son œuvre, je suis très impressionné par sa capacité de renouvellement. Serge s’est toujours inspiré de l’air du temps et a su évoluer en fonction des modes… On était en capacité d’apprécier l’un et l’autre ce qu’on faisait. J’avais 28 ans (20 ans de moins que lui), il était content de contribuer à un projet actuel. Serge commençait par écrire ses chansons à la main, puis il les retapait à la machine  et continuait à les retoucher en studio… mais il ne laissait jamais trainer ses manuscrits, il en connaissait la valeur… »

Travailler avec lui c’était entrer dans sa vie...

Lorsqu’ils organisent des séances de travail, elles se déroulent rue de Verneuil au domicile familial de l’artiste. Alain Chamfort est alors témoin du quotidien de Serge, amené à partager des tranches de vies dont il garde des souvenirs attendris. « J’ai plein de petits moments de vie en tête…mais j’essaie de garder en tête les moments les plus agréables, comme la complicité, le sentiment d’avoir été un peu son confident.(…) Lorsque je le rencontre, je tombe face à un type simple extrêmement accueillant et doux. Il était encore avec Jane, j’ai partagé quelques moments de sa vie familiale… on parlait de notre métier, on travaillait et puis à l’heure de la sortie d’école, les petites arrivaient, tout était mélangé… il y avait une certaine douceur de vivre, une harmonie. »

C’est Jane, très fine observatrice, qui avait senti l’intérêt d’une collaboration entre nous.

Jane l’inspiratrice

C’est grâce à Jane qu’Alain Chamfort rencontre Gainsbourg. « C’est Jane, très fine observatrice qui avait senti l’intérêt d’une collaboration entre nous. Jane a beaucoup apporté à Serge, elle a contribué à prolonger son énergie créative. La création c’est très lié avec l’idée de séduire… C’est une manière de montrer de soi quelque chose d’inédit, de se dépasser, de combler peut-être un manque… au moment où Jane était en pleine gloire, Serge craignait sans doute d’être estompé par son succès… il redoutait de devenir un Monsieur Birkin » raconte Alain Chamfort

Le dernier album d’Alain Chamfort : Le désordre des choses a paru en 2018. Découvrez le clip du titre phare :

Pour aller plus loin

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Visiter le site officiel de l'artiste Alain Chamfort ici. 

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