Jean-Loup Dabadie est mort, ce dimanche, à l'âge de 81 ans. Entré à l'Académie française en 2008, il était l'un des plus grands paroliers de la chanson française, mais aussi scénariste, journaliste, écrivain et metteur en scène.

Jean-Loup Dabadie, ici en 2009
Jean-Loup Dabadie, ici en 2009 © AFP / Bertrand Guay

Un homme de lettres complet : tour à tour romancier, journaliste, auteur de théâtre et de sketches, scénariste, et surtout parolier pour des chansons, Jean-Loup Dabadie s'est éteint, ce dimanche 24 mai. 

Fils d'un autre parolier, Marcel Dabadie, Jean-Loup Dabadie était né à Paris en 1938 et avait publié son premier roman dès 1957, à 19 ans : Les Yeux Secs sort aux éditions du Seuil. C'est aussi à cet époque qu'il travaille pour plusieurs revues (Candide, Tel quel, Arts) en tant que journaliste. 

Mais c'est en commençant à écrire pour la télévision et la scène qu'il se fait connaître du grand public : d'abord auteur pour les émissions de Jean-Christophe Averty et Michèle Arnaud, il rencontre Guy Bedos et lui écrit plusieurs sketches dès 1962-63. 

Plus de 400 chansons et des dizaines d'interprètes

Sa carrière très variée lui ouvre déjà la porte du cinéma, avec l'écriture de scénarios pour Claude Sautet (Les choses de la vie, dont il écrit aussi La Chanson d'Hélène) ou Yves Robert (Nous irons tous au paradis) et du théâtre, mais c'est dans la chanson que Jean-Loup Dabadie sera le plus reconnu : il commence par écrire pour Serge Reggiani à la fin des annéees 60, et devient rapidement l'un des paroliers les plus en vogue.

Au répertoire de la Sacem, la société des auteurs-compositeurs, il compte pas moins de 476 oeuvres à son répertoire, et des chansons pour Marcel Amont, Régine, Jean Gabin (Maintenant Je Sais), mais aussi, plus récemment, Johnny Hallyday en 1983, Enrico Macias en 2003, Richard Cocciante ou Isabelle Boulay. 

Mais quatre interprètes ont marqué tout particulièrement la carrière de Jean-Loup Dabadie : 

  • Serge Reggiani qui fut son premier interprète et pour qui il a écrit le succès "L'Italien"
  • Michel Polnareff, avec qui il a écrit une partie des grands tubes de sa carrière, dont "Lettre à France", "On ira tous au paradis", "Holidays" ou encore "Dans la maison vide" 
  • Michel Sardou qu'il a rejoint dans les années 80 et 90 avec des titres marquants comme "Chanteur de Jazz" et "Salut"
  • Et surtout Julien Clerc, qu'il a accompagné presque tout au long de sa carrière, dès 1976 et pour qui il a écrit les immenses succès que sont "Partir", "Ma préférence", "Femmes... je vous aime" ou "L'Assassin assassiné". 

Primé aussi pour la scène et le cinéma

Pendant ce temps, Jean-Loup Dabadie n'a jamais cessé d'écrire pour la scène, des sketches pour Jacques Villeret, Michel Leeb ou Muriel Robin, et surtout pour le cinéma, avec des collaborations sur près de 40 films en tant que scénariste ou dialoguiste, jusqu'en 2018 où il avait signé le scénario de Le Collier Rouge de Jean Becker. 

Lauréat de très nombreux prix pour ses scénarios, nommé à plusieurs reprises aux César et aux Molière, et primé par une Victoire de la musique d'honneur en 2009, il avait intégré en 2008 l'Académie Française, élu au fauteuil de Pierre Moinot. Grâce à lui, l'Académie avait renoué avec le cinéma. L'une de ses dernières oeuvres remonte à 2018, avec l'adaptation de la pièce du dramaturge américain Israel Horrovitz Quelque part dans cette vie

De Julien Clerc à Sylvie Vartan en passant par Dalida, Charlebois et Claude François : écoutez notre playlist consacrée à Jean-Loup Dabadie

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