A ma gauche, Louise Wimmer de Cyril Mennegun. A ma gauche toujours, Une vie meilleure de Cédric Kahn. A chaque fois, c'est d'abord le cinéma qui sort gagnant de ces ces deux œuvres belles, fortes et dignes.

Affiche Louise Wimmer
Affiche Louise Wimmer © radio-france

une vie meilleure
une vie meilleure © Radio France

A Louise la solitaire répond le duo bientôt disloqué du film de Cédric Kahn avec dans le son rôle principal un Guillaume Canet acteur en super forme et dont on se dit qu'il devrait prendre chez Kahn quelques leçons de scénario et même d'idéologie (je sais le mot n'est pas à la mode, mais j'insiste...) qui lui permettraient de ne pas ressortir à l'avenir ses dégoulinants petits mouchoirs. De fait, ce qui fait le prix, le poids et l'essence des deux films (aussi dissemblables que profondément frères), c'est une attention portée à ceux que l'actuel système économique et social (qu'il soit en crise ou non, soit dit en passant) relègue à ses marches en leur faisant le coup de la spirale infernale du marché. Tandis que l'une couche dans sa voiture et se bat au quotidien pour garder sa dignité, les deux autres se démènent tout autant contre la chronique annoncé d'un rêve de modeste réussite. Au bout de leurs chemins distincts mais parallèles, quelle sortie ? Par le haut ? Par le bas ? Mieux vaut ne pas raconter des "fins" communes, et ce d'autant plus que ni Mennegun, ni Kahn n'enferment leurs personnages dans des déterminismes en forme d'impasses, y compris pour le spectateur qui est prié d'apporter sa contribution personnelle à ce que veulent lui dire ces films. Mais on peut juste dire qu'en se terminant ainsi tous les deux, les films disent bien en quoi ils entendent et dire le réel et raconter une histoire. Comme chez le Guédiguian des Neiges du Kilimandjaro qui a d'une certaine manière tracé la voie ces temps dernier. Pour bien voir Louise Wilmmer etUne vie meilleure, il faut assurément chausser les lunettes de Hugo, Marx et Jaurès réunis. Sans compter une once de Gramsci pour "conjuguer le pessimisme de l'intelligence avec l'optimisme de la volonté." D'une façon très fine, les deux films racontent d'ailleurs des destins individuels fruits aussi d'un abandon du et par le collectif. Réenchanter l'individu ne saurait se passer de réenchanter l'espace et le bien communs, n'est-ce pas ? 2012 année civique ? C'est écrit dans le calendrier. Tant mieux si des cinéastes-citoyens participent aussi intelligemment aux nécessaires débats en cours. Leurs héros, qui ont froid aux oreilles parce que la température sociale est à la glaciation, devraient nous accompagner jusqu'en mai prochain, histoire que nous gardions bien le sens des réalités, y compris à travers la fable et la fiction dont on sait depuis belle lurette qu'elles nous éclairent aussi sur nos travers et nos possibles.

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