Revoir « A bout de souffle » de Godard et chavirer d’aise ! A partir d’un coffret consacré à Belmondo et regroupant cinq de ses plus beaux films (dont ce Godard-là), j’avais choisi de faire de ce film le sujet de ma chronique DVD ce matin dans le 5/7 du week-end de Laurence Garcia. « A bout de souffle » : comme son titre ne l’indique pas, serait-on tenté d’écrire. On peine à trouver l’équivalent dans l’actuel cinéma mondial. Tant d’audaces et de sagesse, tant de rythme et de laisser-aller, tant de beautés fulgurantes et de trivialités quotidiennes, tant de joyeuses désillusions et d’espérances tristes. JLG imposait d’entrée de jeu et sa temporalité et son ton. Il y aurait donc un cinéma avant et après « A bout de souffle » en attendant la confirmation avec « Pierrot le Fou ». Ce n’est jamais un film de genre (un polar, par exemple), mais c’est une multitude de genres dans le film. On passe de l’un à l’autre sans même s’en rendre compte. : un film de voyou, un road movie, un film d’amour, un film de guerre, un film expérimental, un film bavard, un film muet, un film catholique et un film marxiste (ces deux derniers qualificatifs sont signés… Jean-Luc Godard en personne !). Non pas un film donc mais des films dans le film, œuvre inclassable par excellence qui cultive les répliques cultes, les citations et les situations. Côté littérature, je ne résiste pas au plaisir de vous citer deux répliques du film l’une empruntée à Apollinaire : « Vous faites erreur shérif ! Notre histoire est noble et tragique comme le masque d’un tyran. Aucun détail indifférent ne rend notre amour pathétique. »Et l’autre écrite par Louis Aragon : « Mefie-toi JessicaAu biseau des baisersLes ans passent trop viteEvite, évite, éviteLes souvenirs brisés »Je ne résiste pas plus au plaisir de citer ce que le critique André Bazin écrivait à propos de Belmondo dans ce film : « Quand il entre dans le film, c’est déjà l’aube blême du lendemain, dérisoirement victorieux du macabre combat avec l’ange, le visage marqué par tout ce qu’il a vu et la démarche lourde de tout ce qu’il sait. » Formidable analyse, non ?! Comme quoi le propre des films intelligents, c’est de rendre intelligent son spectateur.On pourrait ainsi passer des heures à citer et décrire et questionner « A bout de souffle », sans jamais pourvoir en épuiser la matière et le mystère. Ah ! ça ira !La phrase de la nuit : « Extinction des feux à 23h15 ! Ce cri lancé à la ronde le laissait toujours songeur. Mais il acceptait aisément que la nuit vienne ainsi l’envelopper jusqu’au matin. »Charles Juliet

Revoir « A bout de souffle » de Godard et chavirer d’aise ! A partir d’un coffret consacré à Belmondo et regroupant cinq de ses plus beaux films (dont ce Godard-là), j’avais choisi de faire de ce film le sujet de ma chronique DVD ce matin dans le 5/7 du week-end de Laurence Garcia. « A bout de souffle » : comme son titre ne l’indique pas, serait-on tenté d’écrire. On peine à trouver l’équivalent dans l’actuel cinéma mondial. Tant d’audaces et de sagesse, tant de rythme et de laisser-aller, tant de beautés fulgurantes et de trivialités quotidiennes, tant de joyeuses désillusions et d’espérances tristes. JLG imposait d’entrée de jeu et sa temporalité et son ton. Il y aurait donc un cinéma avant et après « A bout de souffle » en attendant la confirmation avec « Pierrot le Fou ». Ce n’est jamais un film de genre (un polar, par exemple), mais c’est une multitude de genres dans le film. On passe de l’un à l’autre sans même s’en rendre compte. : un film de voyou, un road movie, un film d’amour, un film de guerre, un film expérimental, un film bavard, un film muet, un film catholique et un film marxiste (ces deux derniers qualificatifs sont signés… Jean-Luc Godard en personne !). Non pas un film donc mais des films dans le film, œuvre inclassable par excellence qui cultive les répliques cultes, les citations et les situations. Côté littérature, je ne résiste pas au plaisir de vous citer deux répliques du film l’une empruntée à Apollinaire : « Vous faites erreur shérif ! Notre histoire est noble et tragique comme le masque d’un tyran. Aucun détail indifférent ne rend notre amour pathétique. »Et l’autre écrite par Louis Aragon : « Mefie-toi JessicaAu biseau des baisersLes ans passent trop viteEvite, évite, éviteLes souvenirs brisés »Je ne résiste pas plus au plaisir de citer ce que le critique André Bazin écrivait à propos de Belmondo dans ce film : « Quand il entre dans le film, c’est déjà l’aube blême du lendemain, dérisoirement victorieux du macabre combat avec l’ange, le visage marqué par tout ce qu’il a vu et la démarche lourde de tout ce qu’il sait. » Formidable analyse, non ?! Comme quoi le propre des films intelligents, c’est de rendre intelligent son spectateur.On pourrait ainsi passer des heures à citer et décrire et questionner « A bout de souffle », sans jamais pourvoir en épuiser la matière et le mystère. Ah ! ça ira !La phrase de la nuit : « Extinction des feux à 23h15 ! Ce cri lancé à la ronde le laissait toujours songeur. Mais il acceptait aisément que la nuit vienne ainsi l’envelopper jusqu’au matin. »Charles JulietRevoir « A bout de souffle » de Godard et chavirer d’aise ! A partir d’un coffret consacré à Belmondo et regroupant cinq de ses plus beaux films (dont ce Godard-là), j’avais choisi de faire de ce film le sujet de ma chronique DVD ce matin dans le 5/7 du week-end de Laurence Garcia. « A bout de souffle » : comme son titre ne l’indique pas, serait-on tenté d’écrire. On peine à trouver l’équivalent dans l’actuel cinéma mondial. Tant d’audaces et de sagesse, tant de rythme et de laisser-aller, tant de beautés fulgurantes et de trivialités quotidiennes, tant de joyeuses désillusions et d’espérances tristes. JLG imposait d’entrée de jeu et sa temporalité et son ton. Il y aurait donc un cinéma avant et après « A bout de souffle » en attendant la confirmation avec « Pierrot le Fou ». Ce n’est jamais un film de genre (un polar, par exemple), mais c’est une multitude de genres dans le film. On passe de l’un à l’autre sans même s’en rendre compte. : un film de voyou, un road movie, un film d’amour, un film de guerre, un film expérimental, un film bavard, un film muet, un film catholique et un film marxiste (ces deux derniers qualificatifs sont signés… Jean-Luc Godard en personne !). Non pas un film donc mais des films dans le film, œuvre inclassable par excellence qui cultive les répliques cultes, les citations et les situations. Côté littérature, je ne résiste pas au plaisir de vous citer deux répliques du film l’une empruntée à Apollinaire : « Vous faites erreur shérif ! Notre histoire est noble et tragique comme le masque d’un tyran. Aucun détail indifférent ne rend notre amour pathétique. »Et l’autre écrite par Louis Aragon : « Mefie-toi JessicaAu biseau des baisersLes ans passent trop viteEvite, évite, éviteLes souvenirs brisés »Je ne résiste pas plus au plaisir de citer ce que le critique André Bazin écrivait à propos de Belmondo dans ce film : « Quand il entre dans le film, c’est déjà l’aube blême du lendemain, dérisoirement victorieux du macabre combat avec l’ange, le visage marqué par tout ce qu’il a vu et la démarche lourde de tout ce qu’il sait. » Formidable analyse, non ?! Comme quoi le propre des films intelligents, c’est de rendre intelligent son spectateur.On pourrait ainsi passer des heures à citer et décrire et questionner « A bout de souffle », sans jamais pourvoir en épuiser la matière et le mystère. Ah ! ça ira !La phrase de la nuit : « Extinction des feux à 23h15 ! Ce cri lancé à la ronde le laissait toujours songeur. Mais il acceptait aisément que la nuit vienne ainsi l’envelopper jusqu’au matin. »Charles JulietRevoir « A bout de souffle » de Godard et chavirer d’aise ! A partir d’un coffret consacré à Belmondo et regroupant cinq de ses plus beaux films (dont ce Godard-là), j’avais choisi de faire de ce film le sujet de ma chronique DVD ce matin dans le 5/7 du week-end de Laurence Garcia. « A bout de souffle » : comme son titre ne l’indique pas, serait-on tenté d’écrire. On peine à trouver l’équivalent dans l’actuel cinéma mondial. Tant d’audaces et de sagesse, tant de rythme et de laisser-aller, tant de beautés fulgurantes et de trivialités quotidiennes, tant de joyeuses désillusions et d’espérances tristes. JLG imposait d’entrée de jeu et sa temporalité et son ton. Il y aurait donc un cinéma avant et après « A bout de souffle » en attendant la confirmation avec « Pierrot le Fou ». Ce n’est jamais un film de genre (un polar, par exemple), mais c’est une multitude de genres dans le film. On passe de l’un à l’autre sans même s’en rendre compte. : un film de voyou, un road movie, un film d’amour, un film de guerre, un film expérimental, un film bavard, un film muet, un film catholique et un film marxiste (ces deux derniers qualificatifs sont signés… Jean-Luc Godard en personne !). Non pas un film donc mais des films dans le film, œuvre inclassable par excellence qui cultive les répliques cultes, les citations et les situations. Côté littérature, je ne résiste pas au plaisir de vous citer deux répliques du film l’une empruntée à Apollinaire : « Vous faites erreur shérif ! Notre histoire est noble et tragique comme le masque d’un tyran. Aucun détail indifférent ne rend notre amour pathétique. »Et l’autre écrite par Louis Aragon : « Mefie-toi JessicaAu biseau des baisersLes ans passent trop viteEvite, évite, éviteLes souvenirs brisés »Je ne résiste pas plus au plaisir de citer ce que le critique André Bazin écrivait à propos de Belmondo dans ce film : « Quand il entre dans le film, c’est déjà l’aube blême du lendemain, dérisoirement victorieux du macabre combat avec l’ange, le visage marqué par tout ce qu’il a vu et la démarche lourde de tout ce qu’il sait. » Formidable analyse, non ?! Comme quoi le propre des films intelligents, c’est de rendre intelligent son spectateur.On pourrait ainsi passer des heures à citer et décrire et questionner « A bout de souffle », sans jamais pourvoir en épuiser la matière et le mystère. Ah ! ça ira !La phrase de la nuit : « Extinction des feux à 23h15 ! Ce cri lancé à la ronde le laissait toujours songeur. Mais il acceptait aisément que la nuit vienne ainsi l’envelopper jusqu’au matin. »Charles Juliet

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.