Il cabotine. Pour faire plaisir. Vendredi dernier, Daniel Auteuil m'attendait dans sa loge du théâtre de l'Odéon. Encore en jean et en pull, il s'apprêtait à se changer pour descendre sur le plateau et filer "l'Ecole des Femmes", 6 jours avant la première. Sortant de table, sans doute un peu déja concentré, il décide de m'accorder... 20 minutes. C'est court! Le temps de préparer le magnétophone, l'acteur allume une bougie, "feu des bois", un comble pour un amoureux du maquis corse! Comprenant que je cherche à réaliser un reportage sur un acteur au travail plutôt qu'une interview promotionnelle sur sa vision de Molière, il se prête généreusement à l'exercice. Et c'est un Auteuil taquin, indiscipliné et malicieux qui me conduit vers son costume marron d'Arnolphe, accroché à un portant, au dessus de ses chaussures à talon. Il l'a voulu semblable à celui que portait Molière, les gravures en témoignent. Puis il saisit sa canne, qu'il ne lâche pas en scène, pour garder l'élégance et la prestance du bourgeois intranquille que Jouvet a incarné pas moins de 675 fois. Tel un Scapin, qu'il fut sous la direction de Jean-Pierre Vincent en 1990, avec ses cheveux longs et une barbe scrupuleusement taillée, il bondit, sourit ou rit à gorge déployée, comme il s'amuse de son âge venu sans qu'il s'en aperçoive : 58 ans, le 24 janvier, le jour de la première. On devine un acteur heureux de remonter sur scène et d'interrompre le rythme frénétique de ses tournages. Lui qui à Avignon commença jeune, si jeune, à la fin des années 60, comme chanteur d'opérette...L'entretien diffusé sur 13 minutes, ce mardi 22 janvier à 9h10, lui a valu de nombreux coups de fil, prévient l'attachée de presse. Auteuil serait particulièrement fier de celui d'un intime qui lui aurait confié : "Daniel, je suis content de te connaître"."L'école des femmes", Molière par J p Vincent, théâtre de l'Odéon, du23 janvier au 27 février.

Auteuil
Auteuil © Radio France
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