Main dans la main
Main dans la main © Radio France

Valérie Donzelli a ému plus de 800 mille spectateurs avec son dernier film, « La guerre est déclarée » , ce film sur la guerre que menait un couple, pas préparé, à la maladie de leur fils de 18 mois. Elle signe cette fois une comédie, avec de gros défauts mais avec cette patte qui est la sienne, un univers très personnel qui marie toujours une forme de poésie à la réalité. La cinéaste joue sur le choc des cultures.

Un miroitier qui vit en province, Jeremy Elkaïm, accessoirement danseur amateur, rencontre la directrice de la danse à l’opéra de paris, Valérie Lemercier. Il vient changer un miroir à l’Opéra et il se passe quelque chose d’invraisemblable, comme un sort qu’on leur aurait jeté. Dès qu’ils se voient, ils se mettent à éxécuter les mêmes gestes. Les voilà liés malgré eux. Incapables de se quitter et de ne pas bouger en même temps. Comme si chacun de leurs gestes était dicté par le même cerveau. On est donc dans la comédie, le burlesque et le conte. Ca fuse, ça file, Donzelli s’amuse avec un genre, le burlesque. On rit des courses poursuites. Des contraintes que provoque au couple involontaire, ce curieux hasard. Pourtant, le film souffre de lourds défauts. Elle, snob et autoritaire, est un peu carricaturale surtout quand elle débarque dans la famille du miroitier. Le portrait social des Français n’est pas ce que Donzelli réussit le mieux. Beaucoup de clichés sur la France d’en bas et le Paris d’en haut. Mais le duo plein de charme atténue les erreurs. On les aime, ces deux là. Lui va prendre des cours de danse avec elle, et dans son collant trop serré, au milieu des petits rats de l’opéra, Jérémie Elkaim n’est pas ridicule, au contraire, il est très émouvant. Le couple s’attire, se sépare, puis se manque. On croit aux péripéties du duo, péripéties du coeur, on est du coup moins sévère avec les longueurs, surtout vers la fin, et le côté « foutraque » de Valérie Donzelli. De l’énergie se dégage De « Main dans la Main », une formidable énergie vitale. La preuve, cette remarque d’un spectateur entendue à la sortie de la projection : « Ca me donne envie de tomber amoureux ! »

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