Ce fut donc cet après-midi Mocky tel qu’en lui-même : charmeur et hâbleur, déconneur et joueur,… Mais aussi un formidable raconteur d’histoires plus ou moins vraies, beaucoup plus crues hors antenne et quoi qu’il en soit plaisantes à entendre. Comme prévu, il a fait allusion au casting de ses prochains films ou téléfilms : au programme un « Delon-Depardieu ». Si, si ! Et puis au détour de ce badinage un drôle de développement sur Chabrol dont on peut pourtant penser qu’il s’agit d’un frère ennemi. Au jeu du massacre-bourgeois, les deux compères n’ont jamais été en reste. Or, Mocky égratigne Chabrol à ce propos, au motif (étonnant !) que l’auteur de « Merci pour le chocolat » et autres « Noces rouges » étant lui-même issu de ladite bourgeoisie, sa dénonciation s’avérait moins percutante que celle d’un … Mocky ! Qu’il nous soit permis de trouver l’argument « faiblard » comme on dirait dans « L’Ibis rouge ». Les critiques les plus vives peuvent venir de l’intérieur et faire donc plus mal. C’est vrai au cinéma comme en politique ou en religion. Chabrol a souvent appuyé là où cela fait mal et singulièrement du côté de l’hypocrisie. La seule différence est juste une question de style au fond : Mocky emploie le Karsher à portée nucléaire, Chabrol la bombe à fragmentations multiples. Le résultat pour ladite classe sociale est sensiblement le même. La lecture de « L’Express-Styles » de cette semaine me conduit vers d’autres rivages un peu plus pathétiques, il faut bien l’avouer. Sous le titre roboratif « J’aime avoir 40 ans » (c’est beau comme un exercice de conjugaison de CM2 : « j’ai aimé avoir 40 ans », « J’aimerai avoir 40 ans », « J’aurais aimé avoir 40 ans », etc), l’actrice Sophie Marceau nous livre une nouvelle fois ses pensées les plus profondes, les plus secrètes, les plus passionnantes. Lors d’un entretien précédent dans un autre journal, Sophie M. avait déclaré avoir « voté à l’aveugle » pour l’actuel président de la République mais ne pas regretter ce vote depuis. Les méchantes langues avaient raillé cette façon de voter qui consiste à prendre un scrutin démocratique pour une partie de colin-maillard. Mais, ouf, c’était une bonne blague de la mutine S.M.. Dans ce nouvel entretien, la politologue S. Marceau parle haut et fort : « J’ai toujours voté à gauche jusqu’à ce que voter à gauche ne serve plus à rien et que, en 2002, tout le monde (sic) ait fait le choix de Chirac contre Le Pen. Pour la dernière présidentielle, je n’ai pas eu envie de voter Ségolène Royal… » Ainsi donc la citoyenne Marceau Sophie n’a pas voté à l’aveugle au second tour, comme elle l’avait proclamé, mais en toute connaissance de cause pour un candidat contre l’autre, ce qu’il est donc normal de faire quand on est un électeur responsable.Pourquoi raconter de telles salades qui, soit dit en passant, indiffèrent au plus haut point le citoyen que je suis ? Mais simplement, répondrait Sophie Marceau à juste titre, parce que des journalistes me posent des questions à ce sujet. C’est toute la problématique du dealer et du drogué : qui est le plus coupable des deux ? Quand mes confrères veulent à tout prix revendre de la mauvaise came, ils ont tort. Les commentaires politiques de tel ou telle artiste s'apparentent alors à des borborygmes qui ne grandissent ni leur auteur ni le support qui les accueillent de façon souvent complaisante. Partons du simple principe que l’on peut vivre toute une vie sans savoir pour qui l’interprète principale de « L.O.L. » a voté aux dernières élections et passons à d’autres questions, sur son métier par exemple. Tout le monde s’en portera très bien, non ?La phrase du soir ?« En ce moment je rêve de cueillir des fruits, de grimper aux arbres. » Sophie Marceau, « L’Express-Styles, 28 mai 2009

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