« À l’origine » bis. Non pour vous donner le tournis… mais l’envie, oui ! Et désormais nous sommes deux ici-même comme le montre un commentaire au précédent post ! J’adhère totalement à son contenu : visuellement, le film est de toute beauté, comme tous les chants désespérés (dixit Musset !). Giannoli sublime littéralement le « ballet des pelles mécaniques qui construisent quoi » sinon notre propre désir d’aller de l’avant même dans la pluie, le froid, la nuit. Ces petites silhouettes insignifiantes qui s’agitent à côté de ces mastodontes nous renvoient évidemment à nous-mêmes. Dérision de nous dérisoire ? Pas si simple en vérité, puisque le film va à son terme (ne comptez pas sur moi pour vous raconter la fin de l’histoire proprement dite !). Rien ici n’est vraiment dérisoire. Le récit de Giannoli porte en lui son propre espoir, sa propre dynamique. Comme chez Sautet (décidément et toujours), il pleut, on s’enlise, on s’embourbe, ça prend l’eau de toutes parts, mais au petit matin on s’en sort : à l’origine de chaque journée, il y a un nouveau combat à mener. Et Philippe, Stéphane, Abel, Monika et les autres (soit les prénoms des rôles principaux) seront toujours debout malgré tout. Stéphane au fait, c’est Emmanuelle Devos (j’aurais toujours du mal avec l’ambivalence de ce prénom.. dans le cas présent, c’est plutôt bien vu : Stéphane est LE maire de sa petite ville, pas LA maire, ou plutôt si !!!), Devos donc dont la voix a manifestement conquis bon nombre d’auditeurs vendredi dernier durant l’émission où l’actrice était notre invitée. Une voix et un discours, le tout allégrement porté. Emmanuelle Devos fait plaisir à voir (parole bien peu radiophonique, je vous l’accorde). Desplechin, Audiard, Giannoli et même Resnais maintenant : le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a plutôt bon goût ! Avec « A l’origine », elle franchit une nouvelle étape en incarnant à la perfection un rôle généralement caricaturé par le cinéma : l’élu(e) du peuple. En deux minutes, on croit à sa fonction élective, à son charisme, à son rôle social et collectif. Sans l’ombre d’un doute. Comme on croit un peu plus tard à son caractère affirmé de femme passionnée par une chapelle en restauration puis amoureuse d’un homme. La réussite de la fiction est évidemment à ce prix.Il n’est pas certain que je ne revienne pas demain sur « A l’origine », non sans vous avoir dit une nouvelle fois d’aller voir « Les Herbes folles » de Resnais où l’on retrouve donc Emmanuelle D., entre autres.Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Ciel que lui vais-je dire et par où commencer ? »Racine, « Phèdre »

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