Est-ce bien raisonnable de débattre de l’intérêt d’une école du cinéma un samedi après-midi, alors qu’il fait un temps printanier au-dehors ? Organisée par la FEMIS, cette rencontre s’est déroulée en présence d’un public très majoritairement jeune : assurément des futurs candidats au difficile concours de cette école. Parmi les intervenants, Caroline Champetier, une « chef’op » incroyablement douée qui compte Godard, Téchiné, Jacquot, Beauvois et beaucoup d’autres parmi les cinéastes avec lesquels elle a travaillé. Son expérience et son témoignage sont précieux. Elle raconte ses premières années, sa rencontre hasardeuse avec le cinéma et la lumière. Son éblouissement devant « Citizen Kane », le premier film vu alors qu’elle vient d’entrer à l’IDHEC. Et presque le premier film vu par elle qui vient d’un milieu protestant « sans images », selon ses propres mots. A la question de savoir ce qu’il faut faire, au-delà des formations et des écoles, elle répond : « il faut vivre et voir des films ». Beau programme, non ? Et puis, au détour d’une phrase, elle évoque « A l’origine » de Xavier Giannoli avec des mots justes et pertinents. Elle parle de cette incroyable histoire racontée de main de maître. Elle parle d’un film avec les mots non de la technicienne mais de la cinéphile amoureuse. L’art d’aimer, assurément. Elle dit aussi fort justement que ce film, c'est aussi un film sur le cinéma. Ce chantier, c’est un film en devenir construit au milieu de nulle part, un bout de route, un morceau de rêve. Pour aller où, vers quoi ? Ceux qui l’emprunteront le diront…Comme on souhaite beaucoup de spectateurs au film de Giannoli, on ne peut s'empêcher de faire partager ce nouveau coup de cœur. Oui, décidément, il faut aller voir « A l’origine » et le faire savoir ensuite !Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Brusquement, tout lui parut fade. Sans relief aucun. C’était à chaque fois le même sentiment et la même surprise de le ressentir intensément. »Paul Guimard

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