de Joachim Lafosseavec Niesl Arestrup, Emilie Dequenne et Tahar Rahim

Murielle et Mounir s’aiment passionnément.Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, la dépendance du couple envers lemédecin devient excessive.Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique.

Sélectionné dans la section Un certain regard du dernier festival de Cannes, Ce film de Joachim Lafoose a valu un prix d'interprétation à Emilie Dequenne.

Joachim Lafosse
Joachim Lafosse © Versus production - Kris Dewitte

Joachim Lafosse s'est librement inspiré d'un fait divers survenu en Belgique en 2007: "J'étais dans ma voiture, quand j’ai entenduparler de ce drame à la radio, l’histoire d’une femme qui avait assassiné ses cinq enfants. J’ai pensé tout de suite que cela renvoyait à la tragédie antique, et que ce fait divers m’offrait la possibilité d’approfondir ce dont je parlais dans mes films précédents : le trop plein d’amour, ses conséquences, la dette, le lien pervers, les dysfonctionnements familiaux, la question des limites..."D’emblée, Joachim Lafosse a fait le choix de ne pas illustrer ou documenter le fait divers, mais m'en emparer avec sa subjectivité et son point de vue d’artiste : "Intégrer l’idée que dans toute histoire familiale, la vérité de l’un n’est pas la vérité de l’autre. Mon rôle, c'est de faire partager au spectateur la vie des personnages que j'ai mis en scène et de leur permettre d'appréhender le drame à travers un autre prisme. Je voulais montrer qu’un tel acte, dépeint comme « monstrueux », ne peut pas être le fruit du hasard. On dit que le crime infanticide est « impensable » : mon objectif est d'amener le spectateur à réfléchir sur ce qu'on qualifie trop souvent d'inexplicable, à poser un autre regard en me servant de l’outil fictionnel pour susciter un questionnement sur la perception de la réalité, tant par mon propre regard que par celui des spectateurs qui voient le film."

Emilie Dequenne
Emilie Dequenne © Versus production - Kris Dewitte

Murielle / Emilie Dequenne la référence de Joachim Lafosse pour élaborer ce personnage est Une femme spous influence de John Cassavetes :"Une femme dépassée, épuisée, maltraitée, en proie au doute, à la peur, et qui craque. Au début, c’est une jeune femme élevée dans le renoncement. Une fille seule. Ses parents ne sont pas ceux dont elle avait rêvé, et avec André, elle rencontre le père qu’elle aurait aimé avoir. C’est un homme qui la protège, la sécurise. C’est d’ailleurs une situation qui correspond à notre époque. Ce médecin représente uneassurance-vie. Aujourd’hui, tout le monde veut vivre sans danger. Ce couple pense qu’André est une garantie anti-risques. La tragédie se fabrique dansl’assurance, le confort. Et l’émancipation, c’est la prise de risques."Le choix d'Emilie Dequenne s'est fait presque inconsciemment : "Je rentrais à l’Ecole de cinéma quand je l’ai vue pleurer en recevant son prix d’interprétation au Festival de Cannes pour Rosetta. Ce film m’a terriblement marqué. C’est une actrice inouïe, elle peut nourrir une histoire, elle se laisse imprégner.

Présentation du film par Laurence Peuron dans le journal de 8 h du 22 août.

target="_blank" href="http://admin.franceinter.fr/#"> ![Lecture](http://admin.franceinter.fr/sites/all/themes/fi_player_theme/img/spacer.png) ### **Le choix des "hommes"** "Je voulais travailler avec des acteurs connus, pour être sûr de m’ancrer dans la fiction. Tahar Rahim s'empare d'un personnage complexe qui subit tout le temps mais essaie de reprendre le dessus. Et il reste captivant. Il lui fallait transmettre cet éternel tiraillement entre sa femme et son protecteur. Niels Arestrup n’a pas joué que des personnages sympathiques, il arrive donc avec une gravité qui rendait intéressante l’idée de lui confier un rôle avenant, affectueux, un papa gâteau.
Niels Arestrup et Tahar Rahim
Niels Arestrup et Tahar Rahim © Radio France
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