Le septième film d’Albert Dupontel raconte les déboires de trois inadaptés sociaux qui vont s’unir pour se sortir de la mouise… L’humour noir, l’exubérance et la fantaisie du cinéaste sont au rendez-vous. Mais les avis des journalistes du Masque sont partagés.

Affiche Adieu les cons de Albert Dupontel
Affiche Adieu les cons de Albert Dupontel © Laurent Lufroy

Le film présenté par Jérôme Garcin 

Après notamment Neuf mois fermes et Au revoir là-haut, Albert Dupontel met en scène trois personnages inadaptés à la société : un archiviste aveugle qui a la phobie des flics, un informaticien dépressif et suicidaire et une quarantenaire décidé à retrouver l'enfant qu'elle a été forcée d'abandonner à 15 ans. Adieu les cons ne dit pourtant pas toujours adieu les clichés.

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Pour Eva Bettan, le film vaut le détour même s’il est moins piquant que les précédents  

"Ce film-là n'a pas l'acidité qu’avait Bernie. On peut se dire que Dupontel vieillit ou que les succès qu'il a eus l'amène à vouloir avoir un public plus large, ce qui n'a rien de déshonorant.  

Dupontel reprend ici tout ce qui fait son cinéma (sa mélancolie, son pessimisme son inadaptation au monde) d'une manière plus distrayante.

L’action est posée en larges traits, parfois un peu grossièrement, mais ce que je trouve réussi, c'est son sens des scènes. Il y a des moments très drôles et un décalage de tons dans une même scène comme celle de l'annonce de la maladie qui mêle drôlerie et cruauté, qui est absolument formidable !"  

Jean-Marc Lalanne trouve ce film "particulièrement raté" 

On est dans du vieux comique français.

"Je n’ai jamais été féru du cinéma de Dupontel, mais dans ses procédés comiques, le film renvoie à un cinéma antédiluvien, les blagues sur l'écriture illisible des médecins, les aveugles qui trébuchent… Tout ça, c’est vraiment vieux. On pense presque à un film de Darry Cowl avec, dessus, une sorte de plâtrage formaliste néo-publicitaire années 80’ qui, de mon point de vue, est tout aussi ringard et inapte à toucher la moindre forme de vivant. Chaque plan est sous cloche. Il y a une sorte de plâtrage formel dégoulinant qui, pour moi, rend le film très difficile à regarder. Et finalement la noirceur potentielle du propos (telle sa vision des forces de sécurité) est noyée sous un déluge de bons sentiments, elle en perd toute force et rend le film inopérant".

Xavier Leherpeur a passé un très bon moment.

Il y a des lourdeurs, des clichés, un nihilisme peut-être édulcoré, mais le film fonctionne et regorge d’idées. 

Virginie Effira dans "Adieu les cons"
Virginie Effira dans "Adieu les cons" / Alexis KAVYRCHINE

"L’équilibre se fait bien entre la désespérance des personnages et des situations et des trouvailles graphiques. Il y a de très bons moments de cinéma, des moments tristes réhaussés par un humour narquois très présent. Et puis il faut saluer le jeu de Virginie Efira. Sans elle, le film aurait pu capoter, mais elle arrive à endosser vraiment toutes les nuances, toutes les ruptures, toutes les complexités du personnage. Elle est absolument bouleversante, magnifique, belle, touchante".  

Michel Ciment apprécie la fantaisie et l’humour noir de Dupontel 

Dupontel est hors des normes, il faut tenir compte de son œuvre. 

"Je trouve qu’Albert Dupontel creuse son sillon. Il n’a pas toujours été apprécié par la presse. J'apprécie beaucoup cet humour noir. Il y a une certaine parenté avec Effacer l’historique, c’est un cinéma qui explore le malaise des êtres dans la société dans laquelle ils vivent. J’aime assez ces personnages paumés dans leur solitude et cette caméra exubérante qu’on lui reproche. Il est hors des normes, Dupontel est une valeur intéressante dans la société d’aujourd’hui.

Le film

► Au cinéma depuis le 21 octobre 2020  

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de ce film sur le plateau du Masque et la Plume