L'adaptation en prises de vues réelles du classique "Aladdin" de Disney, réalisée par Guy Ritchie, sort ce mercredi. Si l'univers du dessin animé est bien retranscrit, le nouveau génie, ne tient pas la comparaison face à sa version animée. Mais le film trouve sa richesse dans un autre personnage : la princesse Jasmine.

L'équipe du film "Aladdin" lors de l'avant-première mondiale du film, le 9 mai à Paris
L'équipe du film "Aladdin" lors de l'avant-première mondiale du film, le 9 mai à Paris © AFP / Tolga Amken

"Ô Nuits d'Arabie, mille et une folies..." : en 1992, les studios Disney sortaient sur grand écran une production inspirée d'un conte des Mille et une nuits, "Aladdin", réalisé par John Musker et Ron Clements, l'histoire d'un jeune voleur des rues qui tombe amoureux d'une princesse et découvre le pouvoir d'une lampe magique hébergeant un génie. 

Plus de 25 ans plus tard, c'est cette fois-ci le cinéaste Guy Ritchie (Sherlock Holmes, Snatch) qui se prête au jeu de l'adaptation, en créant une nouvelle version, cette fois tournée en images réelles, avec de vrais acteurs. 

Un génie plus humain, moins dingue

Dans cette nouvelle version, Aladdin (Mena Massoud) est toujours un jeune orphelin dont la seule compagnie est un petit singe, Abou, qui volent ensemble pour manger. Les grandes lignes de l'histoire changent peu, même si de nombreuses scènes ont été ajoutées, le film étant beaucoup plus long que sa version cartoon (près de deux heures contre 1h27). Une demi-heure qui sert à creuser plus en amont la personnalité de certains protagonistes de l'histoire : ainsi, le Génie de lampe, aussi bleu que son prédécesseur, est interprété par Will Smith qui le rend plus humain mais aussi moins rond, moins sympathique, plus sarcastique, que dans le dessin animé où il était interprété par Robin Williams en VO. 

Si le Génie - dont la chanson "Je suis ton meilleur ami" est un bijou d'effets visuels - n'a pas la folie du film précédent, d'autres personnages y gagnent. Le machiavélique grand vizir Jafar, notamment. À première vue, Marwan Kenzari, qui incarne le personnage, est moins impressionnant que son alter ego animé dont la voix grave était celle de Jonathan Freeman (et Féodor Atkine en VF). Mais s'il ne fait pas peur naturellement, Jafar inquiète sérieusement par ses prétentions : il aspire désormais à devenir sultan à la place du sultan pour faire la guerre et envahir d'autres territoires. Son bras droit, le perroquet Iago, est en revanche le plus gros ratage du film : celui qui était l'un des ressorts comiques du dessin animé devient un perroquet somme toute commun. Il parle, mais peu. Et son sort à la fin du film est certainement l'élément qui fera le plus tiquer le public. 

"Empowerment" et modernisation

Mais c'est un autre personnage qui bénéficie le mieux du passage au "vrai" film... et des 25 ans qui séparent les deux versions : Jasmine (Naomi Scott). La princesse, fille du sultan, prend un vrai relief supplémentaire dans ce film : désormais, si elle refuse d'épouser l'un de ses prétendants, c'est parce qu'elle entend régner seule, contre la loi qui interdit à une femme d'être sultane. Et pendant tout le film, elle affronte Jafar qui espère non plus l'épouser, mais la faire taire. En résulte une nouvelle chanson, Speechless, qui est une véritable réussite, portée par un personnage de femme forte. Une femme forte qui n'hésite pas à ridiculiser Aladdin quand celui-ci s'emmêle les pinceaux et affirme qu'il veut "acheter" la princesse. 

Cette version 2019 porte quelques marques de modernisation également dans les chansons. Si les arrangements sont plus pop, c'est surtout certains extraits des paroles qui ont été modifiés. Dans Nuits d'arabie, la mention "It's barbaric, but hey, it's home" (En français "C'est bizarre ça, mais, eh, c'est chez moi") disparaît, de même que le passage dans lequel le Génie fait apparaître des danseuses pour Aladdin dans Je suis ton meilleur ami, tout en disant "Tu vois ce que je vois ?" - remplacé par un surprenant passage imaginé sur mesure pour Will Smith. 

L'adaptation d'Aladdin en prises de vue réelles est donc une belle actualisation du dessin animé de l'époque, auquel il reste fidèle (contrairement par exemple au Livre de la Jungle qui avait pris ses distances), et c'est autant une force qu'une faiblesse : comme avec La Belle et la Bête avant lui, on ne peut pas s'empêcher, en voyant le film, de faire la comparaison avec le film d'animation. On peut voir cela comme un véritable défaut - pour le public qui l'a vu enfant, Aladdin en dessin animé restera la référence - ou comme un atout pour Disney : cette nouvelle version donne immédiatement l'envie de se ruer devant sa télé pour regarder l'opus de 1992.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.