On lira avec profit le commentaire du post précédent laissé par une avisée « Marie Curie » (sic !) à propos d’une drôle d’avant-première du réjouissant film musical consacré au groupe « Benda Bilili ». Certes, l’accueil des handicapés dans les lieux publics, et singulièrement dans les cinémas « anciens » pose de multiples problèmes aux exploitants. Si l’idée était de mettre l’accent sur ces carences de façon spectaculairement paradoxale, c’est réussi. On doute cependant qu’il en ait été ainsi. C’est dire si le malaise est grand. Pourquoi le cacher ? Les premiers échos sur la nouvelle formule de « On aura tout vu » (nouveau jour, nouvel horaire, nouveau générique…) sont bons. Mais pourquoi le nier ? J’ai commis en cours d’émission une boulette, ou plus précisément un lapsus en donnant une information inexacte : rendant hommage à Alain Corneau et singulièrement à sa combativité pour de bonnes causes, j’ai fait de lui un adversaire de la fameuse loi Hadopi qui protège le droit des auteurs à l’heure d’internet et des nouveaux médias. Or, le cinéaste fut parmi les soutiens les plus intelligents à cette loi que j’ai moi-même défendue à l’antenne et ici-même ! Un « contre » remplace un « pour » et c’est le contresens absolu. Je crois qu’au fond cela aurait fait rire Corneau avec ce rire incroyable et beau que nous avons bien fait de rediffuser durant l’émission de ce matin. Il faut espérer que la vivacité de Corneau dans ce juste combat trouvera des héritiers : la partie n’est jamais définitivement gagnée. Puisqu’il est presque avéré que vous avez désormais vu l’éblouissant « Oncle Boonmee »… » (!), il vous faut sans trop tarder tout de même aller voir le nouveau film de Thomas Vinterberg, Submarino . Au train où allait sa carrière depuis quelques années, on pouvait craindre que le cinéaste danois ne fasse partie du petit club des réalisateurs-qui-n’ont-fait-dans-leur-vie-qu’un-film-digne –de-ce-nom, Submarino , sorti mercredi dernier, permet à son auteur d’échapper à l’adhésion forcée audit club. Retour à Copenhague, retour au Danemark et au danois, après des tentatives américaines en anglais, un retour aussi à la noirceur des choses. Certes, Submarino ne se livre pas facilement, à l’instar du roman dont il est adapté et dont Vinterberg avoue qu’il a failli le rejeter à plusieurs reprises durant sa lecture. Certes, la mort et singulièrement la mort des innocents est au rendez-vous, et le tout dans un royaume du Danemark où quelque chose est manifestement pourri. Ce n’est pas le moindre mérite du film que de nous montrer un Copenhague différent des clichés habituels : ici, tout est glauque, sombre et sale. Et c’est dans ce décor que Vinterberg interroge une fois encore la famille, les liens du sang, les relations parents-enfants, bref revient à ses sources et à ses sources. Je ne sais si pour lui l’exercice américian aura été profitable, monsieur, mais au moins il lui aura permis de se montrer radical dans ce nouveau film qu’il convient vraiment de découvrir. Thomas est de retour, alleluia !!!

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