Alain Corneau est décidément d’un commerce bien agréable ! Invité de l’émission d’aujourd’hui vendredi, il s’est montré tout à la fois pertinent, brillant et stimulant sur les films américains de l’actualité. C’est, dans notre jargon, le « client idéal », aussi disert qu’intéressant. Il fait même plaisir à voir quand il écoute des extraits de films ou des entretiens. Autrement dit, il est là, avec nous, et il est bien là. Une évidence ? Pas si simple. Lui-même, hors micro, reconnaît qu’il est plus facile de participer à une émission quand « on a rien à vendre », autrement dit quand on ne sort pas un nouveau film et d’ajouter, toujours gentiment ironique : « C’est vrai, on ne sait pas qu’il va falloir assurer le service après-vente quand on devient cinéaste ! ». Ainsi va notre vidéosphère qui contraint l’artiste à se faire communicant de lui-même.Un peu plus tard, en attendant son taxi, il me confie qu’il trouve étrange qu’un certain nombre de ses confrères cinéastes aillent si peu au cinéma. Il n’a pas vraiment tort. Et nous convenons que le résultat de ce manque de « pratique », c’est dans la profession le succès d’idées aussi reçues que stupides dont la plus commune est : le cinéma français regarde son nombril et celui de ses personnages. Corneau estime au contraire ( et avec raison !) que notre cinématographie est plurielle. L’actualité lui donne parfaitement raison : quoi de plus opposé que « Faubourg 36 » et « Entre les murs » ? Ils sont pourtant en tête du box office, se livrant un beau combat que bien d’autres cinématographies, européennes notamment, nous envient hautement. Dans le même ordre d’idée, on peut signaler que, mercredi dernier, le cinéma français, à travers quatre films fort différents, traitaient du trafic de drogue via des grosses cylindrées (Go fast), d’une femme peintre de génie la nuit et bonne à tout faire le jour et qui a fini ses jours à l’asile (Séraphine), d’une célibataire BCBG qui tombe amoureuse de son gigolo (Cliente) et, enfin, d’un cinéaste en mal d’inspiration qui rejoint une secte (De la guerre). Autant dire qu’il y en a pour tous les goûts, non ?Ils sont malins, Anne Martinetti et François Rivière ! Dans un superbe album que publient les éditions des Cahiers du Cinéma, ils ont rassemblé les plats (et les recettes qui vont avec évidemment) que l’on peut voir dans les films d’Hitchcock. Avec en prime pour chacun d’entre eux, un extrait de dialogue ainsi qu’un commentaire aussi savant que décalé. C’est un petit bijou que l’on ne sait pas où ranger : au rayon cinéma ou à la cuisine ?! Quoi qu’il en soit, vous risquez de vous régaler à cette roborative lecture qui donne envie soit de revoir des films, soit de passer en cuisine ou à table. Un exemple ? La truite façon Chicago Express que dégustent Eve et Roger dans « La Mort aux trousses ». Le titre de ce petit bijou ? « La sauce était presque parfaite » 80 recettes d’après Alfred Hitchcock ».La phrase du jour ? « Les jeunes cinéastes imitent beaucoup Scorsese, un peu Kubrick… jamais moi. » Woody Allen, entretien avec Aurélien Ferenczi, in « Télérama » numéro actuellement en vente.

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