Vandal
Vandal © Radio France
Évidemment qu'il faut courir voir et même revoir **La Vie d'Adèle** , ce film magnifique d'intelligence et de sensualité, que des tristes figures voudraient réduire à l'histoire de son tournage. Évidemment qu'il faut découvrir ce joyau de cinéma dans le droit fil du meilleur Renoir et du meilleur Pialat. Mais, il ne faut pas négliger de se précipiter au cinéma aussi (gare à la volatilité des films dits fragiles en salles...) pour être subjugué par la beauté fulgurante d'un premier film, Vandal, réalisé par **Hélier Cisterne** et dans la réussite duquel les Taurand père (au scénario) et fils (à la production) ne sont pas pour rien ! Comme chez **Kechiche** d'ailleurs, il est ici question de formation, d'éducation et d'éveil à la vie artistique, sensuelle, à la vie tout court quoi. L'adolescent dont il est question (impeccable **Zinedine Benchenine** et avec lui l'ensemble du casting) découvre grâce à son cousin Thomas,épatant de duplicité vitale, l'art du street art nocturne. S'ensuit une première scène absolument sidérante où des ombres dans la nuit s'agitent devant un mur pour en faire un tableau : c'est **Platon plus Rembrandt plus Murnau plus Gus van Sant,** c'est à dire un moment de beauté intense, un moment de cinéma qui vaut à lui tout seul qu'on aille voir le film ! Mais on aurait tort de partir alors, car cette fulgurance première se retrouve ensuite éclatée et démultipliée dans un film construit avec brio. Tout comme on aurait tort d'ailleurs d'étouffer le film sous les références esthétiques susmentionnées tant **Cisterne maîtrise son sujet avec une science parfaite de la rupture de ton** et de la pluralité des approches. Son "Alsacian Graffiti" oscille sans cesse entre une heureuse volonté narrative et descriptive d'un univers donné et des décrochements pleins de grâce. Voilà pourquoi, cette semaine, il vous faudra aller beaucoup au cinéma !
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.