d'Olivier Assayasavec Clément Metayer, Lola Créton, Félix Armand, Carole Combes, India Savor Menuez

Région parisienne, début des années 1970.Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles.De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis vont devoir faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

Autour d'Après Mai, Olivier Assayas

Après mai, cela dit littéralement ce que je voulais raconter : l’écho de mai 68. Une période où résonne une expérience révolutionnaire, unique dans l’histoire française du XXe siècle. Bien sûr, durant ces années, la nostalgie de mai 68 n’existe pas. Les événements viennent d’avoir lieu : le seul horizon, c’est la révolution, un mai 68 en mieux, un mai 68 réussi.La question est plutôt : "Au nom de quoi cette révolution aura-t-elle lieu ?" À l’extrême-gauche, en 1971, on fête le centenaire de la commune de Paris, on devient expert des dissensions entre Trotsky et Lénine, entre Trotsky et les libertaires, on s’informe sur la scission entre l’URSS et la Chine populaire, on décrypte les divergences au sein du bloc de l’Est, un savoir qui seraprécieux quand viendra la révolution.La jeunesse des années 2010 vit dans un présent amorphe. L’idée que l’on puisse avoir prise sur la société, qu’on puisse en repenser la nature même, est devenue très vague et conventionnelle.Elle se résume peu ou prou en termes d’exclusion ou d’inclusion. On dit habituellement que cela tient à la généralisation du chômage des jeunes. Cette explication m’a toujours semblée courteet insatisfaisante. On ne se projette plus vers des lendemains qui chantent, un futur utopique, on réclame à l’État de combattre l’exclusion. Dans les années 1970, on s’opposait à l’idée même d’État. Personne n’avait envie d’être inclus, le programme c’était plutôt d’être exclu.

Après mai
Après mai © Radio France

La "Free Press" J’ai toujours été sensible à la sensualité de l’imprimé. J’ai grandi à la campagne, coupé de là où se passent les choses, il y avait trois chaînes de télé gouvernementales, et c’est tout. Le monde changeait, et pour être en prise, comme je pouvais, avec ces changements, j’étais dépendant de la presse. Du fait de cette distance, il n’y avait pas de différence pour moi entre la presse radicale parisienne, comme Tout ou Parapluie et la "free press" londonienne, comme It ou Oz.Si les magazines gauchistes étaient vendus à la sortie du lycée, la presse anglosaxonne n’était disponible que dans deux ou trois endroits à Paris, ce qui la rendait d’autant plus précieuse.Rien à voir avec l’accessibilité qu’offre Internet aujourd’hui. La presse libre était mon lien avec le monde. L’utilisation des couleurs, la maquette, les surimpressions… Plastiquement, intellectuellement, c’était le renouveau.

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