Rien de tel que l’arrivée des premières chaleurs estivales pour ralentir mes ardeurs blogueuses…. Il faut bien trouver un alibi et justifier ce silence ! L’actualité se rappelle heureusement à notre bon souvenir avec la suite et fin du mauvais feuilleton généré par l’éventuelle interdiction aux moins de 18 ans du film de Pascal Laugier, « Martyrs ». La fameuse Commission de classification a bien eu raison de se déjuger en revenant sur son premier vote. Mieux vaut changer d’avis quand on a tort ! Désormais, le film est interdit aux moins de 16 ans et c’est très bien ainsi. Mais, les pouvoirs publics devraient profiter de l’occasion pour mettre à plat cette question de la censure et de sa gestion. Il faut manifestement revoir un système qui dans le contexte actuel peut tout simplement condamner un film à ne pas être diffusé. Et cela c’est insupportable.C’est curieux comme on parle peu de cinéma dans le cadre des débats en cours sur la télévision publique. Comment quel rapport ? Mais il est de taille ! France 2 et France 3 participent de façon importante au financement de la production cinématographique française comme l’ensemble des autres chaînes hertziennes (à l’exception de France 5). Globalement, privé et public confondus, ces chaînes ont financé près de la moitié des films français en 2007. Alors quid des télévisions publiques dans la tempête actuelle. Vont-elles garder leur capacité de financement à l’heure où se profile l’arrivée d’un nouveau géant en la personne d’Orange ? Ce n’est pas une question annexe.La nouvelle vision, mais en DVD cette fois (et en format blue-ray, s’il vous plait !), du film de Sean Penn, « Into the wild » confirme qu’il forme avec « L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » et « There will be blood », tous sortis cette année, une trilogie américaine d’autant plus cohérente et fascinante qu’elle a trois auteurs différents. « L’Assassinat… », c’est naissance d’une nation, « There will be… », c’est l’essence d’une nation (tribute to Eric Libiot de « L’Express » ) et « Into the wild », c’est l’errance d’une nation. Autrement dit, le cinéma américain, et c’est ce qui le rend souvent passionnant même dans ses films les plus irritants, n’en finit pas de regarder son nombril national. Ce qui, on le sait bien, est la meilleure façon de s’adresser à l’univers. Quoi qu’il en soit, revoyez ou (veinards !) découvre « Into the wild » dont le DVD paru chez Pathé est à la hauteur du film lui-même.La phrase du jour : « Qu’est-ce qu’il y a de plus simple qu’un arbre ?… Eh bien si je peins un arbre… ça met tout le monde mal à l’aise… C’est parce qu’il y a quelque chose… ou quelqu’un caché derrière cet arbre… Je peins malgré moi les choses cachées derrière les choses ! … Un nageur, pour moi, c’est déjà un noyé… Je crois peindre la joie, la musique… un bal… une noce en plein air… et sur ma toile, c’est la jalousie… la haine… le meurtre… le cimetière. » Le peintre, alias Robert Le Vigan, dans « Le Quai des brumes » écrit par Jacques Prévert et réalisé par Marcel Carné.

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